poésie

J’aurai pu te dire : merci

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Jamais Roses ne furent plus belles

Que celles reçues de toi aujourd’hui.

J’aurai pu te dire : merci

Pour ce bouquet subtil de beauté

Que tu t’ais plus à m’envoyer.

J’aurai pu te dire : merci

Pour tes roses si jolies dont le cœur

Ne s’ouvre qu’au crépuscule du soir

exaltant  dans l’air

Leurs effluves odorants

Ce parfums troublant qui m’ enivre.

Une à une j’effeuille leurs pétales

Délicatement sur mon lit blanc

Pour que ma nuit soit douce

à mon corps frémissant.

Roberte Colonel

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Non classé, poèsie

Ces roses pour moi…

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Ces roses pour moi…

Ces  roses  pour moi destinées

Par le choix de sa main,

Au premier feu du lendemain

Elles étaient fanées.

Avec les heures un à un,

Dans la vasque de cuivre,

Leur  calice tinte et délivre

Une âme à leur parfum.

Liée, entre tant, ô ménesse,

Qu’à travers vos ébats,

J’écoute résonner tout bas

Le glas de ma jeunesse.

(Paul-Jean Toulet 1867- 1920) Ecrivain et Poète Ami de Toulouse Lautrec

altes Buch mit Tusche und Feder

Paul-Jean Toulet Né le 5 juin 1867au Béarn et mort au Pays basque le 6 septembre 1920. Paul-Jean Toulet mène à Paris, pendant quatorze ans, une existence qu’il qualifiait lui-même de dissolue. Ami de Maurras et de Toulouse-Lautrec, il participe à diverses revues, comme le Divan ou La Vie parisienne, et il écrit quelques romans, aux intrigues assez lâches, mais où apparaissent des dons certains de conteur. Le leitmotiv de ces romans (Monsieur du Paur, 1898 ; Les Demoiselles La Mortagne, 1905-1907 ; ou Mon amie Nane, 1905) est la femme légère. En 1920, l’année de sa mort, les Contes de Béhauzigue le consacrent enfin comme écrivain et maître du groupe des « fantaisistes », qui se manifestaient depuis 1912. Contre l’artifice des néo-romantiques et des néo-symbolistes, les fantaisistes développent un certain cynisme jamais dépourvu de tendresse. Aussi sont-ils beaucoup plus que des chroniqueurs ou des chansonniers, et leur liberté spirituelle, assortie d’une ironie discrète, influença Apollinaire. Les textes de Toulet sont pleins de verve et de sarcasmes, dans la tradition d’une poésie française très ancienne, puisque c’est à Marot qu’on a parfois comparé Toulet. On peut trouver aussi certaines évocations d’un dandysme pervers derrière l’apparente nonchalance du style. La Jeune Fille verteroman paru en 1920, est, en revanche, d’un style précieux. Dans Contrerimes, son véritable chef-d’œuvre paru en 1921, après sa mort, Toulet suggère un sensualisme esthétique exprimé dans de courts poèmes, quatrains où les vers riment à contre-longueur, à contre-temps, où les rimes masculines et féminines s’inversent. La badinerie des contes laisse ici place à une mélancolie ironique qui laisse apparaître, sans amertume, une sincère émotion.

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De l’ombre à la lumière…

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De l’ombre à la lumière

Les fleurs à peine écloses

 Perdent ce bel éclat

Qui leur donne

Quelque chose d’irréel ici bas.

Sans bruit leurs pétales trépassent

Le temps fuit,  les jours passent

Mais quand le soleil luit,

On oublie très vite l’ombre

Toutes les couleurs

Sont dans la lumière

Les roses  aux teintes Abymes

Annoncent leurs couleurs

Et le peintre les dessine.

Son pinceau capte la nuance,

L’artiste à une nuance d’avance.

La peinture suit les méandres

Au gré de ses humeurs.

Et pour le peintre venu à l’heure

Il récrée la vie

Des fleurs, dans la lumière.

Après des détours,

Il suit avec amour

Les traits de la beauté,

Que la nature a inventé.

Tout ce qu’il fait est vrai.

Quand vos pensées dérivent

Voyez les couleurs

Dans le monde que ravive,

Le peintre et ses humeurs.

 Poésie ( Roberte Colonel)

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