Publié dans Ecritures

Elle pouvait noircir des pages et des pages sans s’arrêter…

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Elle pouvait noircir des pages et des pages sans s’arrêter. Elle avait tant à dire, tant à raconter qu’elle avait peur que le moindre mot s’envole si elle ne s’en emparait pas immédiatement. Et la plume grattait avec énergie le papier. Elle raturait peu tant tout coulait de source, de façon intarissable.

De temps en temps, quand elle avait mené un paragraphe à terme, elle s’arrêtait quelques secondes, puis elle tournait la tête vers la fenêtre. Juste pour que son regard se perde dans les nuages. Juste pour ce souvenir du premier regard qu’il avait eu la première fois quand elle l’avait regardé avec autant de passion qu’il en mettait dans l’amour.

Puis les mots reprenaient leur course folle. Elle tournerait encore quelquefois la tête. Pour s’assurer qu’elle était là. Qu’elle attendait ses mots qu’il ne manquerait pas de lui écrire

Elle ne veut pas y penser, mais elle ne pense qu’à ça. Une minuscule tache sur le blanc étale de sa vie. Et elle a beau fermer les yeux, elle sait que la tache est là. Toute petite, presque invisible, mais là, présente. Sur le mur noir de la nuit, une étoile s’est accrochée.

Et si la tache sur le blanc était une étoile venue tout exprès lui dire que l’amour ne s’éteint jamais quand il reste un rayon d’espoir ? Roberte Colonel 09/10/2017

Publié dans citations, poèsie

Écrire sans rimes et raison…

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“Écrire, c’est une liaison d’amour avec soi et les choses, et les moments et les gens. Écrire, c’est comme vivre une vie parallèle à sa vie de chaque jour ; c’est le vase purificateur de l’âme et de ses mouvances.  citation Louise Portal

 Écrire sans rimes et raison

Aujourd’hui comme demain avec mes mots

Qui sombre dans la mer

Je t’écris comme de nulle part

Parce qu’il le faut et c’est ainsi sans rime

Mais avec raison qu’il m’est facile

De ne plus être attristée.

Comme au premier jour, comme au premier mot

Qui cour encore sur le parchemin

Je t’aime pour ces pauvres mots entre nous tombés

Je ne sais où

Et par nos mots qui bifurquent et font silence

De ta part

Et par toutes celles qui refont les mêmes mots

Avec le désir sensuel de trouver rime et raison

A leur je t’aime

J’écrire sans rimes et raison.

Roberte Colonel

 

 

 

 

 

 

Publié dans texte

Ils s’écrivent…

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Ils s’écrivent. Souvent. Longuement ou juste une phrase. Une poèsie. Et les kilomètres s’effacent tandis qu’ils se touchent des mots. Rêvent. Malgré les regards posés sur eux, incrédules et troubles. Comme si aimer faisait d’eux des parias. Comme si ceux qui les scrutent n’avaient jamais aimé. Ou qu’ils avaient oublié. Ils s’écrivent. Jusqu’au jour où les portes du rêve s’ouvriront. Aucun regard, aucune remarque, aucun reproche n’aura d’effet sur eux. Aucune rumeur non plus. Ils sont sourds et aveugles pour tout ce qui n’est pas eux. Elle a promis d’écrire, souvent. Elle le fera. Ce ne sera jamais une obligation. Il n’y a pas d’obligation entre eux. Que du bonheur, que du partage. Elle lui racontera la couleur du ciel, l’oiseau sur la branche, l’odeur du café, une fleur dont elle ne connaît pas le nom. Elle voulait écrire plus. Mais à quoi bon ajouter des mots inutiles et affadir ceux déjà là ? Il reste à l’amoureuse de sceller l’enveloppe. Rien d’autre. Roberte Colonel

Publié dans Non classé, texte

Irremplaçables lettres d’amour…


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« Les mots que nous écrivons sont ceux de notre amour. Sans ces mots que serait notre amour ? Pourrait-il être aussi intense pendant l’acte d’amour ? » Roberte colonel.

                   « Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, Il n’est qu’écriture. »      Jean Cocteau

altes Buch mit Tusche und FederPar Mélina Gazsi

Une jeune femme recevait, le 7 mars 1833, ce billet d’un homme rencontré quelques mois auparavant : « Je vous aime, mon pauvre ange, vous le savez bien, et pourtant vous voulez que je vous l’écrive. Vous avez raison. Il faut s’aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l’écrire… » Elle, c’est Juliette Drouet. Lui, s’appelle Victor Hugo. Jusqu’à sa mort, le poète adressera à sa maîtresse comédienne plusieurs centaines de lettres.

On croyait pourtant la lettre d’amour désuète. « Avec le téléphone d’abord et plus encore avec les nouvelles technologies, on a cru la voir disparaîtreobserve-t-il. Or, aujourd’hui, elle est devenue unique, car le temps renforce sa valeur, celui que l’on prend pour l’écrire, celui qu’elle met à parvenir à son destinataire et le temps qu’il prend pour la lire. » Certes, les lettres envoyées par la poste se font plus rares. En réalité, les mails et les texto ne remplacent-ils pas ces billets qu’autrefois, l’on faisait porter à l’élu(e) de son cœur pour exprimer son désir immédiat ?

« Un effet différé délicieux »

La lettre d’amour est-elle encore utile quand l’autre sexe et la sexualité n’ont plus rien d’interdit ? « Au contraire ! , répond le psychiatre et psychanalyste Roger Schembri, le sentiment a toujours été plus facile à écrire qu’à dire. Plus encore aujourd’hui, où l’on dit plus facilement « J’ai envie de baiser avec toi » que « Je t’aime ». En outre, écrire opère un effet différé délicieux et délivre une part de rêve que nous avons envie de vivre. » A l’instar de Patrick Boulet, 45 ans, qui écrit beaucoup à Claire. « Décrire mon amour m’est essentiel et donne un peu d’éternité à ce que nous vivons. »

Les nouveaux moyens de communication n’auraient donc pas enterré la correspondance amoureuse ? Celle écrite à la main, envoyée par la poste, parfois même parfumée, agrémentée de dessins, enrichie de menus souvenirs ? Pour Joëlle-Andrée Deniot, professeure de sociologie à l’université de Nantes« Internet, Facebook ou Twitter l’auraient plutôt développée ». Et les jeunes, accrocs pourtant au virtuel, ne sont pas en reste. Ils disent leur amour sur tous les supports, jolis papiers et parchemins, Post-it et cartes postales, textos et courriels, et rivalisent de sens créatif. Il est vrai qu’une lettre manuscrite dans les boîtes pleines de prospectus et de factures, ça a un certain cachet.

La lettre reçue qui porte l’écriture de l’aimé(e) est sensuelle et charnelle comme l’expression du désir. Ecrire comme un prolongement de soi. «  Comme une caresse, un baiser que l’on donne pour se rassurer en assurant l’autre de notre affection« , témoigne Josiane Abiwen, 48 ans. Il arrive aussi que l’autre soit loin ou qu’il nous quitte pour de bon. Alors, l’acte d’écrire est une manière de nous interroger sur ce sentiment qui nous chamboule, ou de fuir la souffrance et le chagrin. « Quand j’ai compris que je ne la reverrai jamais, j’ai décidé de lui écrire la plus belle lettre d’amour » avoue Jérémie Franc de Ferrière, 27 ans.

La lettre d’amour contient bien cette part de rêve que nous cherchons tous, pour nous protéger des turbulences et des duretés du monde. Pour donner aussi un sens à la sexualité, entre plaisirs et sentiments.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/02/11/irremplacables-lettres-d-amour_1642122_3238.html#uSpozwoKD5uG5F4w.99

Publié dans Non classé, texte écris

L’inspiration sera t-elle toujours au rendez-vous?

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L’inspiration sera t-elle toujours au rendez-vous?Les histoires s’éclipsant et les mots manquant difficile pour moi de l’imaginer. A court de mots. Trop souvent. Et pourtant tout à dire. Du moins le croire, malgré le silence qui prend toute sa place, malgré les mots qui se dérobe, les alinéas qui s’imposent , les petites histoires quotidiennes dont on voudrait rendre compte, mais dont à échappé le fil et qui se sont envolées. Tant à ne pas dire, aussi. pour éviter les drames, les interprétations, les doubles sens, tous ces regards qui détournent les phrases. Ecrire dans sa tête, qui ne marche plus très bien pour que la vie ne s’échappe pas tout à fait. Avoir ce désir d’assembler des mots, de créer des histoires, des images. Sentiment de liberté. D’intense liberté. Porte ouverte sur ciel qui prend des couleurs. Les oiseaux qui mêlent leurs voix. la petite flamme de l’écrivaine se réveille. Elle fait ce qu’elle à de mieux à faire: Elle écrit. texte Roberte Colonel

(Peinture Hans peter Szameit)

Publié dans livre, Non classé

Savoir lire entre les lignes d’un roman…

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« Savoir lire entre les lignes d’un roman c’est ce mettre en scène avec l’écrivain, vivre ses émotions, voir couler ses larmes, parfois souffrir avec lui. Au travers de son récit il décrie de façon détournée une part de sa propre vie. Lors que son œuvre est achevée il n’est jamais tout à fait satisfait, pas facile d’écrire le mot fin pour lui.

L’écrivain a généralement  l’impression qu’il manque toujours quelques lignes, quelques détails, quelques mots supplémentaires qui transmettraient plus de force à son manuscrit. Aurait-il oublié une phrase qui changerait la teneur de ses écrits, qu’il lui faut compléter, corrigé il ne peut s’en empêché?

Ce sont là les épreuves que je me suis imposée à moi-même avant d’abandonner mes récits entre les mains de l’éditeur.

Écrire est la chose que j’aime entre toutes.
Car j’aime les mots, les phrases, les images, les idées qu’on développe quand on écrit. Et je ne me lasse pas de chercher le mot, les mots, de les adjoindre pour qu’ils créent un ensemble qui ouvre la porte à l’imaginaire. Je ne réussis pas toujours. Car s’il faut l’inspiration de départ, il faut aussi la patience, la minutie et la détermination. (roberte colonel)

Une petite partie de cet écrit se retrouve sur « Je me nourris de mes mots » le 24 mars 2013

altes Buch mit Tusche und Feder

« Le nombre d’écrivains est déjà innombrable et ira croissant parce que c’est le seul métier, avec l’art de gouverner, qu’on ose faire sans l’avoir appris.

Le roman est l’histoire éternelle du cœur humain. L’histoire vous parle des autres, le roman vous parle de vous. On s’aime sans raison, on s’oublie sans motif.

Deux citations D’Alphonse Karr. Ecrivain journaliste Français  Né le 24 novembre 1808 à Paris. Décédé le 30 septembre 1890 à St Raphael. »

Publié dans Non classé, textes

Écrire à quelqu’un…

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Écrire à quelqu’un est la seule manière de l’attendre sans se faire de mal. 
[Alessandro Baricco]

Chaque peinture ouvre sur des histoires que je peux raconter ou inventer. Et quand je croirais avoir tout dit, une autre histoire se glissera à nouveau sur la page de ma vie. Et la vie ne sera pas triste ? Facile, quand on passe sa vie à fabriquer des histoires, Facile, quand on a une imagination comme la mienne, de voir des indices à partir de détails non concluants ou significatifs. Facile, je vous dis. Et quel bonheur que de constater que  d’un secret peut naître une histoire qui me porte à imaginer son déroulement.

À quoi rêve Marie penchée sur sa page blanche? Aux rendez-vous manqués ? Aux personnages qui ont croisé sa vie se jouant de ses sentiments ? À ceux qui lui ont menti plus d’une fois ? Aux eaux troubles desquelles elle est sortie parfois perturbée ?

À quoi rêve-t-elle ? Rêve-t-elle vraiment aux blessures dont on ne guérit jamais vraiment tout à fait ou se laisse-t-elle bercer par d’heureux souvenirs qui prennent le pas sur tout le reste ? où bien  rêve t-elle a cette lui, cet homme qui partage ses secrets les plus intîmes?

Je l’imagine triste, et pourtant sereine. On peut par moments être triste et heureux, l’un n’empêchant pas l’autre. Aux errances et aux quêtes effrénées, elle a choisi dans l’absence sa destinée. Et, dans le creux douillet de ses propres bras pour endormir la douleur, l’écriture d’un livre comme refuge. Il est là son bonheur, au moins pour ce soir. Demain, il y aura des sourires à nouveau. Elle aura levé l’ancre de l’eau grise où il lui fallait passer quelques heures pour apprécier à nouveau la beauté du monde. Elle lui a promis d’écrire, souvent. Elle le fera. Ce ne sera jamais une obligation. Il n’y a pas d’obligation entre eux. Que du bonheur, que du partage. Elle lui racontera la couleur du ciel, l’oiseau sur la branche, l’odeur du café, une fleur dont elle ne connaît pas le nom. Elle lui parlera de ces endroits où ils iront peut être ensemble un jourComme elle est belle, comme elle est belle, tandis qu’elle lui écrit. Mais n’est-elle pas d’une certaine façon en train d’attendre ? D’attendre une réponse, d’espérer une question… Mais tout cela est tellement agréable, ce jeu de se redécouvrir. Et cette attente n’est pas douloureuse, mais stimulante. Elle n’attend plus quelqu’un, elle attend juste quelques mots où il lui dirait combien elle compte pour lui. Ces mots arriveront quand ils arriveront. Il n’y a pas d’urgence en elle. Juste ce besoin de lire ces mots: « je pense à toi ».

Oui demain, elle verra revenir le soleil dans sa vie parce que ce soir elle l’imagine ainsi Marie.

(Ce texte à déjà était publier, sur mon blog. Aujourd’hui, j’ai plaisir à le dédier à un(e) ami(e) très cher(e)

Roberte Colonel