Plus rien n’a d’importance…

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Plus rien n’a d’importance

Dans le royaume de mes songes.

J’avais juré de garder les yeux ouverts

Effacé les torpeurs de mes nuits.

Il n’’exite plus que des souvenirs,

Des lambeaux de mots flétris.

Oublier le soleil qui réchauffait ma peau,

Oublier l’ombre de nos silhouettes.

Sans un bruit on trépasse,

Le temps fuit, les jours se font moins longs

Laissant dans le gris du vide

L’hiver qui s’annonce.

Je me consume, le temps s’efface

Dans le labyrinthe des glaces

J’écoute ce que disent les vents.

Je tisse des mots au fond de mon encrier.

Roberte Colonel

Toile prise surle Net

 

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Sonnet…

49a3c1c72f979a453631954956f4f97eAlfred de MUSSET   (1810-1857) A M. V. H.

Sonnet

Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,
Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.
Puis le cœur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,
Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.

De ces biens passagers que l’on goûte à demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,

On s’approche, on sourit, la main touche la main
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain. (Alfred de MUSSET)

L’amitié, c’est ce qui vient du cœur quand on fait ensemble des choses belles et difficiles. (AbbéPierre)

 

Elle…

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Elle s’est enchevêtrée dans les mailles du filet… amour.

Aujourd’hui, elle ne sait plus tellement comment se débattre. Mais ce qu’elle sait, au-delà des convictions qu’elle s’inflige, c’est qu’elle refuse d’être tenue ainsi. Elle ne veut plus se débatte entre sa vie d’hier et celle d’aujourd’hui qui l’encadrent et la réduise en peau de chagrin. Elle ne supporte plus les malentendus, les affabulations qui l’empêche d’avancer. Dorénavant elle veut être elle par dessus tout. Elle veut écrire, elle veut apprendre. Elle veut vivre dans sa fureur, son droit.

Elle a envie de dire que tout est possible si on le souhaite vraiment.
Elle s’est offert une chambre douillette où pleuvent les mots. Elle va écouter les mystères des mouvements du ciel. Elle va oser montrer ses ailes, les déploiera et volera haut. Le jour de sa naissance, elle a reçu un présent. Un présent sensible et précieux, que certains ne pourront jamais comprendre, que d’autres ne soutiendront pas. Mais elle se doit, et elle le sait, de remplir les pages d’un nouveau livre, où pourront vivre ses écrits d’aujourd’hui. (Roberte Colonel  06/11/2017)

 

le prix de l’acceptation…

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J’ai envie de m’asseoir sur le sable d’une plage déserte. Lever lentement la tête et rêver ces figures dans le corps des étoiles. Je pense qu’elles sont toutes issues d’amours envolés, comme le nôtre. Une larme fine transperce ma cornée, tranchant lentement ma pommette rougie par le froid, la réchauffant. C’est un cadeau à notre mémoire. Suivent les autres, puis un vent léger qui vient les glacer sur ma peau.
J’enfonce mes doigts dans le sable, humide sous son manteau. Je ferais bien un château, mais je sais qu’il ne tiendra pas, et je ne veux pas perdre ces secondes si précieuses, parce qu’elles me font grandir. Ma voie intérieure pointe vers le ciel, renaissance d’un épisode émaillé.
Mes habits de soie font de moi une parcelle inutile de l’univers, courant sur mon corps, aidés par le vent. Je me sens portée par l’atmosphère. Je ferme les yeux. Et là, dans cette parfaite harmonie, le prix de l’acceptation m’envahit. Je frissonne et j’écoute… ce silence… est un immense soulagement. C’est le bout du chemin, là où la vie devient Paradis, là où l’angoisse n’a plus sa place. Roberte Colonel 4/11/2017

Le chant d’un soupir

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Le chant d’un soupir

 J’ai les yeux qui se brouillent. Ils s’oublient dans le noir eux aussi. Je me perds dans des questions fades, qui n’ont pas de réponses. Je me retrouve isolée au bord de la mer où il n’y a rien. Le néant, la routine où l’impossible se mêlent autour de moi et frottent mes vêtements. Ils s’immiscent sous ma peau qui les transpire. Je suis la spectatrice directe de ce théâtre qui emmène mon cœur fatigué vers des lumières si petites qu’elles ne semblent pas exister. Et pourtant je n’ai pas le choix, je suis obligée de les suivre. D’aller vers l’inconnu. En soufflant. Puis peut-être un jour en marchant et en retrouvant mes sourires. Mes joies. Peut-être est cela, l’espoir ?  Il y aura derrière ce temps des souvenirs brûlés. Ils seront nés d’outre-tombe et viendront mourir sur la jetée. Parmi l’écume, se meurtrissant sur les rochers, ils s’éteindront. Ils se perdront à tout jamais dans la terre et le ciel, frémissants d’émotions.
Ils seront à eux seuls la composition de cette vie. Dans l’accablement et la tendresse, ils porteront leurs fleurs jusqu’aux sommets des montagnes invisibles. Il y aura derrière ce temps des souvenirs brûlés. Ces archives viendront un jour nous bouleverser. Mais pour l’instant, ils sont un frémissement d’hier, ou peut-être demain. Ils se forment dans mes annales à la plume du présent. Je les savoure à la lueur de la chandelle d’une éternité sans nom. Parce qu’ils sont ce moment. J’espère que j’ai su t’écrire comme un sourire.
Et je termine ainsi, par le chant d’un soupir, une histoire sans point, puisqu’elle n’a pu s’ouvrir. Roberte Colonel 30/10/2017

 

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.

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Beau texte de la littérature française : Robert Desnos

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant
et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix
qui m’est chère ?

J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre, à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille.
Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venus.

J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu’à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l’ombre qui se promène et se promènera allégrement sur le cadran solaire de ta vie.

Un vrai plaisir que de revisiter de beaux textes de la littérature Française.