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Si loin, tu es si loin…

Si loin, tu es si loin…

J’erre pensivement au hasard

Être un corps sans souvenirs

Et sans futur qui marche sur la grève.

Soudain une masse sombre

Comme un nuage

Devant le soleil

Je chancelle, m’écroule…

-Vous allez bien ?

-pardon

-Vous semblez souffrante.

-Non, Non. Je rêvais un peu.

Je ne sais pas comment cet homme a fait

Mais il a réussi à me lever,

Il me soutient

Sa main est douce et ferme.

 IL est parvenu à m’extraire  de mes pensées.

Cet homme ne sait pas…

Faut juste faire semblant que tout va bien.

M’oublier dans ses bras,

N’être plus que tournoiement,

Effleurement, dialogue

Abandon.

Avancer en gardant mon équilibre

Ne pas tomber.

Cet instant de vie

L’emporter

Et délicatement me laisser emprisonner.

Mais qu’est ce que je fais là,

Mon cœur écoute la douce mélodie de ses mots

J’ai cette envie folle de m’abandonner à lui…

C’est bon de s’abandonner aussi 

Quand on a perdu la moitié de soi-même.

Je chancelle.

Dans quelques instants je vais lui parler

Le sentir contre moi.

Je connais la frangibilité de la rencontre.

Je sais combien tout peut basculer

Pour un mot malheureux,

Un rôle que l’on joue pour masquer un trop plein d’émotion.

La masse noire est revenue plus dense

Je délire. Et si je devenais folle ?

L’ombre est là, une ombre ramassée sur elle-même

Une boule où la lumière n’accroche pas.

Je me dirige lentement vers cette masse

Impossible de la suivre.

la mer l’entraine au- dessus des vagues.

 Et si ce n’était qu’une hallucination invraisemblable, un conte  imaginaire.

Ou si  cette histoire était suspendue à mon émotion.

Suspendu au souvenir d’un « nous »

Si loin…tu es si loin.

Copyright©2022Roberte Colonel

L’ inspiration pour ce texte ci m’est venue de mon regard posé sur l’image ci-dessus

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