Publié dans Ecritures

Elle pouvait noircir des pages et des pages sans s’arrêter…

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Elle pouvait noircir des pages et des pages sans s’arrêter. Elle avait tant à dire, tant à raconter qu’elle avait peur que le moindre mot s’envole si elle ne s’en emparait pas immédiatement. Et la plume grattait avec énergie le papier. Elle raturait peu tant tout coulait de source, de façon intarissable.

De temps en temps, quand elle avait mené un paragraphe à terme, elle s’arrêtait quelques secondes, puis elle tournait la tête vers la fenêtre. Juste pour que son regard se perde dans les nuages. Juste pour ce souvenir du premier regard qu’il avait eu la première fois quand elle l’avait regardé avec autant de passion qu’il en mettait dans l’amour.

Puis les mots reprenaient leur course folle. Elle tournerait encore quelquefois la tête. Pour s’assurer qu’elle était là. Qu’elle attendait ses mots qu’il ne manquerait pas de lui écrire

Elle ne veut pas y penser, mais elle ne pense qu’à ça. Une minuscule tache sur le blanc étale de sa vie. Et elle a beau fermer les yeux, elle sait que la tache est là. Toute petite, presque invisible, mais là, présente. Sur le mur noir de la nuit, une étoile s’est accrochée.

Et si la tache sur le blanc était une étoile venue tout exprès lui dire que l’amour ne s’éteint jamais quand il reste un rayon d’espoir ? Roberte Colonel 09/10/2017