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Ils s’écrivent…

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Ils s’écrivent. Souvent. Longuement ou juste une phrase. Une poèsie. Et les kilomètres s’effacent tandis qu’ils se touchent des mots. Rêvent. Malgré les regards posés sur eux, incrédules et troubles. Comme si aimer faisait d’eux des parias. Comme si ceux qui les scrutent n’avaient jamais aimé. Ou qu’ils avaient oublié. Ils s’écrivent. Jusqu’au jour où les portes du rêve s’ouvriront. Aucun regard, aucune remarque, aucun reproche n’aura d’effet sur eux. Aucune rumeur non plus. Ils sont sourds et aveugles pour tout ce qui n’est pas eux. Elle a promis d’écrire, souvent. Elle le fera. Ce ne sera jamais une obligation. Il n’y a pas d’obligation entre eux. Que du bonheur, que du partage. Elle lui racontera la couleur du ciel, l’oiseau sur la branche, l’odeur du café, une fleur dont elle ne connaît pas le nom. Elle voulait écrire plus. Mais à quoi bon ajouter des mots inutiles et affadir ceux déjà là ? Il reste à l’amoureuse de sceller l’enveloppe. Rien d’autre. Roberte Colonel