N’oubliez jamais que pour chaque fin il y aura toujours un départ…

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Et si aujourd’hui nous redevenions des enfants…je vous propose pour ce faire de lire ce conte  mon premier essais…

La forêt

N’oubliez jamais que pour chaque fin il y aura toujours un départ.

Jamais on n’avait vu plus belle forêt dans la région . . . les sapins se dressaient majestueux, entourés d’une variété de petits arbrisseaux dont le feuillage se parait des plus belles couleurs de l’automne. Les pommes de pins tombant sur la mousse odorante laissaient s’échapper  leurs graines qui s’envolaient de ci de là.

Dès la tombée du jour, la forêt devenait  un magnifique théâtre où se côtoyaient toutes sortes d’animaux : des  biches, des chevreuils, des hiboux, des lapins, et puis de drôles de petits lutins qui hantaient chaque nuit la forêt.  Ils dansaient, dansaient  et foulaient  la mousse.

Il y avait ce matin là de gros nuages laiteux dans le ciel. Les arbres de la forêt frissonnaient sous le vent glacial. Serrés les uns contre les autres, tous  pensèrent qu’un malheur allait se produire. Soudain, au détour du chemin, ils aperçurent la voiture du garde forestier. Elle s’arrêta au bout de l’allée centrale puis, très vite, le garde se mit à palper l’écorce des sapins. Il leva la tête vers le ciel d’un œil critique en maugréant que  le temps allait changer ! Il  va sans doute neiger avant que nous ayons fini de couper tous ces arbres ! Les pauvres sapins, sous sa main, tremblaient.  Ils avaient si peur de cet homme et de ses grosses mains avides  qui entouraient leurs troncs !

Le roi des sapins venait de comprendre que sa fin était toute proche. Que tous les arbres que cet homme venait de palper seraient sciés puis disparaitraient de ce magnifique endroit. A l’idée qu’il ne serait peut être plus jamais le roi de cette forêt, il laissa s’écouler sa résine en larmes dorées sur son écorce grisâtre. Bientôt il n’y aurait plus ici, qu’un terrain vague envahi de  ronces piquantes, pressées de prospérer sur  le sol.

Quel dommage de couper ces beaux sapins qui avaient si fière allure !  Ils avaient pris racines et vécus plusieurs décennies à cet  endroit. Pourquoi fallait-il donc s’en séparer? Le garde forestier  ne se souciait pas du ressenti des arbres et devait accomplir la charge qui lui avait été imposée. Son œil aguerri lui permettait de repérer chaque sapin à raser.  Cependant son cœur s’attendrissait à l’idée de devoir en couper un si grand nombre. Il lança quelques jurons… puis, contraint d’obéir, il tira de son gros sac en cuir une bombe de peinture rouge. Il devait marquer les troncs des arbres à scier afin de permettre  aux bûcherons, de les reconnaître.

Mon Dieu, se dit le roi des grands sapins, épargnez moi s’il vous plait ! En avril, à mon pied je laisse filtrer  la lumière du jour pour que la terre se réchauffe. Les jonquilles et les violettes odorantes dessinent un tapis de couleurs. Que deviendrait cet endroit si vous me coupez ? Pensez qu’en automne dans le sous bois percent les têtes de cèpes,  des pieds de moutons et des girolles. Les fourmis construisent des monticules de fourmilières et le coucou fait sont nid au faite de mes branches.

-Non ! Pitié ! Vous ne pouvez pas m’abattre ! Je suis très utile.  De mes aiguilles émane  de l’oxygène dont l’atmosphère a besoin pour la survie des hommes et de la nature !  S’il vous plait, ne me marquez pas à la peinture rouge. Épargnez-moi !

Les hommes venus tout exprès faire ce funeste travail n’entendirent pas sa plainte. Ils scièrent, scièrent les pauvres arbres sans défense … Un engin  bizarre se chargea de les dépouiller de leur écorce et pour finir une chenille articulée munie d’énormes  griffes s’empara des rondins de bois pour les charger sur le camion.

 

 

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Ne restait plus maintenant dans ce qui fut une si belle forêt, que  l’odeur pénétrante de la sciure de bois et de résine. On ne percevait plus aucun bruit, tout l’environnement était redevenu silencieux. Les hôtes de la forêt, les animaux,  les oiseaux par peur des hommes c’étaient réfugiés dans la forêt voisine.

Cependant, les gentils lutins petits démons espiègles eux ne désertèrent pas l’endroit et reprirent très vite possession du terrain. Ils décidèrent de ne pas laisser en l’état cette belle forêt délabrée! Pour cela, ils se mirent à danser, a tournoyer en tout sens sur la mousse douce du bois. Ils appelèrent  d’autres petits lutins à venir les rejoindre pour leur prêter main forte.  Il fallait se dépêcher, le temps pressait.  Ils ce devaient de remettre un peu de joie dans ce terrain déboisé. De toutes les forêts environnantes ils accoururent et tinrent une réunion publique. Chacun d’entre eux pu s’exprimer. Le vote se fit à main levée et la résolution fut adoptée. Les petits lutins devaient s’appliquer à danser,  sauter sur la mousse mouillée afin que les graines de pins puissent pénétrer et germer dans le sol. En une nuit,  grâce à ces petits démons espiègles, la forêt  retrouva de belle façon, son aura, et Dame nature se réjouit à nouveau de voir son terrain arboré.

N’oubliez jamais que pour chaque fin il y aura toujours un départ.

Conte Roberte Colonel  1ere/ image de la forêt: blog  rien que des chats.canablog.com/  2é/ photo avec l’aimablable autorisation de photographie en disign studio 56

 

 

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Auteur : marieliane

Auteur de trois livres « Où es tu maman" livre document éditions Michel de Maule" et Grand Caractère". "Le Sac à dos Éditions Grand Caractère" Passion sur Internet" Avec la participation de Charef Berkani Éditions Ed2A Un roman "Le Sac à Dos" dont l'intrigue se déroule en montagne précisément à chamonix. "Le Sac à Dos" est paru aux éditions Grand Caractère. J'aime les belles ballades en montagne mais aussi dans les sentiers de ma région du Languedoc Roussillon. J'aime l'écriture et l'échange avec mes amies blogueuses.

19 réflexions sur « N’oubliez jamais que pour chaque fin il y aura toujours un départ… »

    1. Ce conte est écrit depuis quelques semaines et je n’avais pas posé de conclusion. Aujourd’hui vu les événements je me devais de le terminer par une note positive.
      Merci pour cette photo. Bonne soirée. Bisous.

  1. Te souviens tu Colette il y a de cela déjà quelques années en arrières je voulais déjà écrire un conte avec des petits écureuils. J’avais commencé et puis j’ai laissé de coté. Aujourd’hui j’ai pu associer à mon conte une citation positive ….
    Bonne après midi Colette. Bisous.

  2. Magnifique illustrations , quel bonne idée , que d’ecrire un conte qui se déroule de nos jours , qui peut etre lu aussi bien par les petits que par les grands , j’aime la fin ou il faut un travail collectif pour atteindre la plenitude et l’harmonie , et que chacun pose sa pierre a l’edifice , a méditer .

  3. Suis très heureuse de ton retour. J’espère que ta vie et ton travail se déroule comme tu l’avais souhaité il y a de sa quelques mois.
    Ce conte est écrit depuis quelques semaines mais j’ai pensé qu’il amenerait un peu de douceur dans ces temps si tourmenté. J’aimme bien aussi la fin qui est une note d’espoir. Amitiés Laurent.

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