Mes yeux sont remplis de tes yeux

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Mes yeux sont remplis de tes yeux
Pour te dire tous mes je t’aime.
J’aurais aimé t’écrire
des mots aux couleurs du miel.
Des mots fragiles,
Des mots de porcelaine.
Au bord de la panique,
Je n’ai su t’écrire qu’un adieu.
Une ligne que tu as reçu
Près de la fontaine
Dans ton jardin, où règne
Les fragrances subtiles
du jasmin et de la rose.
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Un pas dans la folie,
Entre, mauvaise interprétation,
Et la peur de ne plus être chérie
Une ligne, un adieu écrit
Aux larmes de mes yeux
Où, tout s’est confondu.
Comme un grain de sable,
Notre amour nous a échappé.
Tu étais devenu insaisissable,
Ton amour je le savais,
 Ne pas pouvoir l’enfermer.
Il ne fait partie d’aucun ordre rangé.
L’ambiguïté d’un billet à jouer
A mon corps défendant
Avec mes sentiments.
Te blessant j’en oubliais
que je mettais à mal notre amitié.
 (Roberte Colonel)

Pour être heureux….

cropped-13245295_1780588168894165_8454246848669859192_n.jpgCrois à l’amour même s’il est une source de douleur. Ne ferme pas ton coeur le lotus préfère s’épanouir au soleil, plutôt que de vivre en bouton éternel.

(Rabindranth Tagore, le jardinier d’amour)

Le plus beau des bateau…

bigth_3805Il était amarré au milieu d’autres bateaux tous plus beaux, tous plus attrayants. Cependant un seul su retenir mon attention. Sa coque légèrement craquelée par les intempéries m’interpella, je m’approchai de lui immédiatement. Je compris à cet instant  que chaque jour au port je reviendrais l’admirer. Il y avait ce petit plus, ce petit je ne sais quoi, qu’il le rendait beau et m’attendrissait. Je me suis dit qu’il avait dû en faire des traversées en mer  avant de venir s’échouer sure notre bord de mer. Quelle destinée avait été la sienne ? De combien de rencontre avait-il bénéficié, avait-il été admiré, congratulé ? D’autres avant moi avaient dû l’aimer et dû retenir son attention ? Il avait dû traverser tant de mers,  alors pourquoi était-il venu s’échouer ici si près du port ? Voulait-il notre rencontre ?

Il disait ne pas craindre les écueils, il avait horreur des grands vents qui dévastent tout sur son parcours, il redoutait les brisants. Sa poupe élevée pouvait résister aux plus grosses vagues, aux plus grosses tempêtes. La plupart du temps il s’écartait loin du rivage pour chercher un peu de solitude, de tranquillité.

Puis un jour je le vis partir droit devant, mon cœur en fut tout chaviré.

Ce ne fut qu’une courte virée, un simple mouillage et lorsque j’ai vu le capitaine au gouvernail faire demi tour à bâbord  et revenir sur la jetée mon cœur s’est soulevé de joie. Même craquelé, fissuré il est le plus beau des bateaux venu si près s’échouer sur la jetée de notre belle méditerranée. (Roberte colonel)

Chanson des Escargots qui vont à l’enterrement…

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le soir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes réssucitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voila le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l’été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

 Jacques Prévert

Je trouve amusant de vous faire redécouvrir cette chanson de Jacques  Prévert. Mon âme d’enfant y trouve son compte! 

Ils se sont reconnu.  » voir page précédente… »

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 "Le temps est garant de l'avenir"... voir page précédente 
Et puis, au fond, je ne sais peut-être que faire ça ce dit Eugénie. Inventer des histoires. Et rêver. Imaginer ce qui se trame derrière un décor de théâtre, j’invente tout un monde à partir de quelques phrases tracées sur une feuille et destinées à un improbable lecteur.

Et tant pis si je ne sais faire que ça. Ou tant mieux. Parce que quelques phrases que je poserai ici trouveront peut-être le cœur de celui à qui elles sont destinées. Quel qu’un échoué ici par hasard ou parce qu’on lui aura indiqué le chemin et qui sera touché.

Oui, tant pis si je ne sais faire que ça ce dit Eugénie. Inventer des histoires . Et rêver. Il y a pires maux que ça.

Je ne sais rien de demain. Et je ne m’attarderai pas à échafauder des plans à partir d’indices ou d’impressions. Ce que je sais c’est que nous nous sommes reconnu Nicolas et moi. Comme on reconnaît en l’autre la moitié perdue depuis toujours. Nous nous sommes reconnus tant et si bien que rien ne pourra nous séparer. Même si presque jamais côte à côte. Même si différente de lui. Même si il est poète. Même si. Même si chacun dans une vie qui n’est pas celle de l’autre. Même si…Il lui arrive parfois de douter nous nous sommes reconnu.

Nous nous sommes reconnus. Si bien que nous ne nous égareront jamais dans les méandres du mensonge. Nous n’auront que de temps en temps la peur de nous perdre l’un l’autre, comme on a peur de se perdre soi-même.

Puisse le calme apaiser les tourments de l’un et faire soupirer de bonheur l’autre.Eugénie sait seulement que ce soir elle n’a pas envie de penser à demain. Sans savoir de quoi sera fait ce temps. Sans savoir rien de ce qui les attend. Sans savoir quelle sera la couleur du ciel. Ils savent seulement l’un comme l’autre que le jour se lève sur un jour qui ne ressemble à aucun autre.

Eugénie était dans l’ombre, muette, silencieuse, blessée, avec pour tout univers qui pouvait la faire rêver un peu, la faire se sentir en vie quand on revient de loin, quand le chemin parcouru ne peut mener qu’à soi, parce qu’on a tout perdu en route. Mais même sans lumière braquée sur elle, Nicolas la remarquée. Et alors que petit à petit l’ombre à nouveau se glisse, elle a cette conscience propre à certains êtres, cette conscience de savoir que sans son regard sur elle, elle ne parviendra jamais tout à fait à être heureuse. Elle se souvient de tout. Du lieu, du moment, ou elle l’avait remarqué. Et du pourquoi. Elle se souvient qu’il se sentait terriblement triste à cette époque pas si lointaine. Peut-être se lèvera-t-il au cœur de la nuit. Parce qu’épuisé de tourner d’un côté puis de l’autre. Parce que fatigué de ruminer toujours les mêmes questions. Parce que les blessures, les déceptions, les doutes, tous ces empêche-bonheur. Peut-être lui lira t-il quelques vers qui lui brûle les lèvres :

« Laisse courir
dans les couloirs secrets de ton corps
les chevaux vertigineux de tes désirs.
Eux seuls connaissent la destinée
que l’esprit voilé par des brumes honteuses
n’ose pas découvrir

Mes mains se cherchent sur ton corps
Pour saisir ta forme la plus complète.
Si tu pars, je garderai la robe
De ta nudité parfaite. » (
Vers de Natália Correia)

Eugénie aime se laisser dire quand il coule en elle, goutte après goutte, chaleur vivante, généreuse. Parce que c’est ainsi entre eux. Les mêmes mots, qui les touchent, comme si de temps en temps ils ne faisaient qu’un seul. Mais ce que Nicolas ne veut pas toujours croire, même si elle le lui répète souvent, même s’il voudrait la croire, c’est que tous les poèmes qu’il lui a dédiés seront toujours pour elles les plus beaux.( Roberte Colonel)

Seul le temps est garant de l’avenir…

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C’était devenu trop difficile. Elle n’y arrivait plus. Qu’es ce qui ne va pas lui demanda Nicolas ? Elle lui expliqua les doutes qui la retenaient prisonnière et qui l’empêchait d’être heureuse. Nicolas lui fit remarquer qu’elle était son seul amour. Elle devait le croire. Ils s’étaient regardés profondément puis il lui avait dit:  » je suis tellement bien avec toi. » Cependant un peu de tristesse marquait le visage d’ Eugénie. Chaque fois qu’elle touchait de près au bonheur elle mettait en place un système d’auto défense afin de se protéger. Elle redoutait toujours d’être délaissée ou bien qu’il arrive un malheur. Depuis quelques jours elle avait remarqué que les mots qu’il lui écrivait ne contenait plus les je t’aime qu’il avait pris l’habitude de lui écrire. Elle s’était imaginé que Nicolas s’éloignait d’elle. Elle de coutume si joyeuse ne souriait plus. Son entourage l’avait remarqué et s’en inquiété. Nicolas avait pris une si grande place dans son cœur qu’elle en oubliait parfois qu’il avait sa vie et ses obligations. Elle savait tout ça et ne lui en faisait d’ailleurs pas reproche. Elle voulait simplement être aimée. Il ne pouvait donner plus qu’il ne le faisait. Sa vie familiale l’accaparait et ne lui restait pour elle que les quelques instants qu’il partageait dans la journée. Ce qui tourmentait Eugénie c’est que cette amour qui les reliaient l’un et l’autre n’était pas vain il était réelle il fallait qu’elle en soit convaincue. Alors pourquoi  se tourmenter t-elle ? Savoir accepter ce bonheur offert avec amour sans plus se poser de question ne serait il pas plus simple?.

 Après avoir fait sur elle cette rétrospection elle secoua ses épaules et se dirigea dans le salon cherché un peu de fraîcheur en pensant que son inquiétude n’était peut être pas fondée que le temps était le seul garant de leur avenir.

 texte Roberte Colonel (Toile de Bui Huy Quang)