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Un mot n’est pas une chose…

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Un mot n’est pas une chose, mais un éclaire à la lueur duquel on l’aperçoit (Denis Diderot)

Et le moindre mot la touche et trouve son écho en elle. Et la moindre virgule indique le souffle de l’autre sur la feuille, tout autant que sa respiration qu’elle imagine dans son cou quand s’il la tenait serrée contre lui. Même les points de suspension, dans ce qu’il ne dit pas et auxquels elle ne peut répondre que par les siens, évoquent le désir dans cette troublante correspondance qu’ils entretiennent avec passion.

Marie est une fois de plus plongée dans leurs mots à eux, dans tout ce qu’ils suscitent. Et le reste n’a plus cours en dehors de cet univers parallèle où ils s’appartiennent. Une lettre toute courte mais qui la fait se sentir bien.

Elle peut rêver. Il lui a donné les clés pour le faire.

Et peut-être rêve-t-elle ce soir. Et peut-être rêve-t-elle comme tous les soirs. 

rêve-t-elle à celui qui est entré dans sa vie un soir de de février et qui a bouleversé ce qu’elle savait d’elle. Sans savoir la place qu’elle a ou aura dans sa vie. Sans savoir celle qu’il tient dans la sienne.

Elle rêve. Et elle relit les mots qu’elle lui a écrits. Et elle sait que quoiqu’il arrive, il s’est déjà passé quelque chose. Et la lettre qu’elle espérait sans se l’avouer, sans l’attendre parce qu’elle n’y croyait pas, est arrivée. Et elle la lit, la relit, comme le plus beau des cadeaux. Mais ce qui la réjouit est qu’il ait pris le temps d’écrire. Et le fait qu’il pense à elle. Il n’en fallait pas plus pour elle qui n’attendait rien se trouve tout simplement réconfortée à la simple pensée qu’on ne l’oublie pas.

Et ces lettres qui arrivent, avec ces courtes phrases qui la font sourire ou quelquefois rougir la rendent radieuse. Le pouvoir des mots est souvent plus fort que tout.

Et peut-être que quand elle sentira qu’elle aime avec mesure, choisira de ne plus aimer, parce qu’elle n’est bien que dans la démesure, là où on ne compte pas, là où la tiédeur est absente.

Car peut-être qu’aimer ne peut se faire que sans mesure, puis qu’aimer, au fond, n’est ni rationnel, ni raisonnable. (Roberte Colonel) Toile de Schock-David