Publié dans livre

liberté…

images (9)

Ce soir  Les mots me manquent  pour d’écrire mon ressenti face à l’horreur de cet odieux massacre des journalistes de Charlie Hebdo ainsi qu’aux policiers présents à leurs côtés sans oublier :                                                 téléchargement (2)

cet homme, ni dessinateur, ni économiste, ni journaliste… F. BOISSEAU, agent d’entretien, simplement là au mauvais moment. « Oublié » par l’État et les médias, je pense à lui et ses proches. Unissons-nous pour l’hommage qu’ils méritent.

 Pour rendre cet hommage le sublime poème…

Liberté de Paul Eluard

Sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige, j’écris ton nom

Sur toutes les pages lues sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre, j’écris ton nom

Sur les images dorées, sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois, j’écris ton nom

Sur la jungle et le désert, sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance, j’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées, j’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur, sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante, j’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon, sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres, j’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore, sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente j’écris ton nom

Sur la mousse des nuages, sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade, j’écris ton nom

Sur les formes scintillantes, sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique, j’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés, sur les routes déployées
Sur les places qui débordent j’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies j’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni j’écris ton nom

Sur toute chair accordée sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend j’écris ton nom

Sur la vitre des surprises sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence j’écris ton nom

Sur mes refuges détruits sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui j’écris ton nom

Sur l’absence sans désir sur la solitude nue
Sur les marches de la mort j’écris ton nom

Sur la santé revenue sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir j’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître pour te nommer Liberté.

Né en 1895, Paul Eluard, de son vrai nom Eugène Grindel, est le co-fondateur du Surréalisme. Ses poèmes d’amour glorifient la femme, ses poèmes politiques luttent pour un monde plus juste, fondé sur l’amour et le partage. Paul Eluard maîtrise tous les styles ; la prose rythmique, l’écriture libre ou bien même les Alexandrins. Pendant la deuxième guerre mondiale, il fait partie de la Résistance et a secrètement distribué des poèmes politiques, en particulier ce poème mondialement connu, « Liberté »