Mon voyage en automne…

ger551Mon voyage en automne…Je me souvins d’un homme qui m’avait dit jadis :« Ah ! fou qui ne sais cueillir l’instant ! »

Et pourquoi pas profiter de la vie maintenant.

« Cueillir l’instant ? Qu’est que cela voulait dire ? L’instant ne peut être isolé. Si j’avais su vraiment goûté à ces enchantements j’aurais aussi voulu le retrouver. Je serais revenu dans son pays, où bien je l’aurais appelé. Je l’aurais poursuivis au lieu de le laisser partir vers une autre par crainte de souffrir… Quelle lâcheté !

« Dieu pensais-je que j’ai été sotte de le laisser partir. Si je l’avais voulu il serait étendu près de moi et me dirait des choses émouvantes, avec sa poésie tendre et tragique. Comment ais je pu renoncé à ces heures qui eussent été unique dans ma vie ?

« Ah ! Insensée qui ne su cueillir l’instant ! »

Je suis femme avant tout et le présent m’enchante ; Le sonnet est beau, le thème amer : Je me dis que ma jeunesse est passée, et qu’il m’a eut vite oubliée et si en échange des strophes, immortelles, qui me chantent je n’accepte que mes souvenirs. Hélas oublie t-on jamais de tels rappels à l’apparition de son automne ? Ayant connu d’autres amours je les ai refusé. Aujourd’hui ce qu’il m’avait donné ne fut pas qu’un songe innocent, se me semble d’un prix infini. (Texte Roberte colonel)

 Paysage déniché pour nous par Géraldine sur le Blog lalitoutsimplement.com/ :



Roses d’automne

Rose-BaroqueAu branches que l’air rouille et que le gel modore

Au branches que l’air rouille et que le gel modore

Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.

Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.

Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.

Nérée Beauchemin

Quand l’amour s’habille de douceur…

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Quand l’amour s’habille de douceur, il se fait appeler tendresse. « Bernard Wilems Diriken  »

 

Le soir était brumeux et doux. Dans les bois ils foulèrent un tapis de feuilles mortes au crissement soyeux, étouffé. L’automne n’allait pas tardé et avec lui les premiers froid. Elle pensa que la rapidité des mouvements, la silhouette mince, l’éclat des yeux donnait à son compagnon un air de jeunesse inattendu. Il essaya de la faire parler de ses livres. Elle  s’arrêta et leva les yeux vers le ciel, avec indignation :

« Ah ! Non, non laissons en paix mes malheureux ouvrages. Je les ai déjà oubliés… et quoi de plus naturel ? La vie est faite pour le bonheur, l’amour, et la tendresse. Alors ce soir ne pensons qu’à cela et rien d’autre. Le visage de guillaume laissa filtrer une lente montée de joie.

« -Vois tu-nous autres femmes, par nos exigences et nos humeurs, pousser un homme vers certain point de rupture, mais, au voisinage de ce point, nous devons nous arrêter pile. Si non tout s’effondre. Regarde bien maintenant ce qui va se passer. Ses propos .devenaient ironiques mais sa gentillesse cachait mal une attente, un besoin de tendresse qu’elle n’avait trouvé chez aucun autre homme. »

L’horloge au son grave sonna neuf heures.

– Bonjour mon amour dit-il … as-tu bien dormis ? Il posa la tasse de café fumant sur la table de nuit et vint se lover dans ses bras. Elle protesta mais à ce moment elle ne désirait rien d’autre que cette tendresse qui la rassurait.

« Je voudrais que ses instants durent une vie entière, je voudrais passer mes derniers instants dans tes bras tu es si gentil. Cette nuit tu m’as tout donné de toi. Elle s’allongea, la tête sur la poitrine de Guillaume :

Tu m’as tout donné ! »

« – Moi ? Je ne t’ai rien donné. C’est toi qui m’as tout donné.  C’est toi qui m’as tout apporté. J’ai avec toi, du plaisir à me taire et du plaisir à parler. J’aime ton rire et j’aime tes larmes ; J’aime ta folie et j’aime ta sagesse. Marcher à tes cotés, être prêt de toi est un enchantement…

Ils restèrent quelques heures, parlant ou rêvant. Ils parlèrent de leur avenir. Comment se verraient-ils? Ici leur amour est innocent il ne fait de mal à personne. Dis-toi que les plus belles heures de ma vie je les passe ici en ce moment avec toi.

-Toi non plus n’oublie pas dit-il n’oublie pas que je t’aime et il disparu dans un sourire. Texte Roberte Colonel

 

Le coeur blessé…

Le coeur blessé, rendu cruel par la souffrance, ramène sans cesse l’âme égarée au souvenir de l’amour perdu.

Comment son existence libre et heureuse avait-elle pu se transformer à ce point. Il balaya d’un geste ces absurdités, et cependant il avait senti dans une zone de son esprit un frémissement d’effroi, une courte ondulation de cette peur qu’il ne maîtrisait plus. Il appréciait cette femme et parfois il savourait de façon fugitive la conscience qu’il avait de son pouvoir sur elle, mais elle venait maladroitement de le blesser.

Il redevenait subitement lointain, l’avait -il volotairement perdue ?  Tout  à ce jour avait été simple et chaque désir semblait réalisable avec un peu d’attente.

Il tenait son dernier message, la feuille tremblait entre ses mains il ne parvenait pas à faire le moindre mouvement . Il se rapelait leurs moments heureux, cette immense confiance qu’elle lui accordait, leurs longues soirées passées en échanges de mots tendres et puis ce dernier soir où il l’avait abandonnée  sous un prétexte futile. Il était de cet race d’homme orgueilleux qui n’avouait pas facilement avoir eu tort. Malgré sa souffrance il était conscient qu’il lui serait difficile désormais de revenir en arrière.

Il ne recevrait plus en lui désormais qu’un vaste désert nocturne où  aucun mot qui fortifie, qui console, ne viendrait le surprendre. Il s’était senti déshabité  de ces mots, de cette présence qui jamais jusque- là ne l’avait abandonné. Son coeur s’était fermé en lui sur une ombre épaisse. Cette clarté intime qui le rassurait à chaque instant sur le sens exact de sa vie s’était éteinte. Trop de rêves terribles continuaient  encore à hanter son sommeil lui reprochait de ne pas avoir entendu ses appels et parfois au contraire, il les entendait, venus des abîmes infinis, pleins d’échos caverneux, et se réveillait le coeur fou, le front couvert de sueur. (texte Roberte Colonel)

« Le coeur blessé, rendu cruel par la souffrance, ramène sans cesse l’âme égarée au souvenir de l’amour perdu. »

citation de (Romain Guillaumes) de son vrai nomBernard Diriken est un moraliste Belge d’expression Française né à Liège le 18 septembre 1963.

Comme l’oiseau du soir…

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Comme l’oiseau du soir qu’on n’entend plus gémir,
Auprès des feux éteints que ne puis-je dormir !
Car ce n’est plus pour lui qu’en silence éveillée,
La muse qui me plaint, assise sur des fleurs,
M’attire dans les bois, sous l’humide feuillée,
Et répand sur mes vers des parfums et des pleurs.
Il ne lit plus mes chants, il croit mon âme éteinte.
Jamais son coeur guéri n’a soupçonné ma plainte ;
Il n’a pas deviné ce qu’il m’a fait souffrir.
Qu’importe qu’il l’apprenne ? Il ne peut me guérir.
J’épargne à son orgueil la volupté cruelle
De juger dans mes pleurs l’excès de mon amour.
Que devrais-je à mes cris ? Sa frayeur ? Son retour ?
Sa pitié ?… C’est la mort que je veux avant elle.
Tout est détruit : lui-même, il n’est plus le bonheur ;
Il brisa son image en déchirant mon coeur.
Me rapporterait-il ma douce imprévoyance,
Et le prisme charmant de l’inexpérience ?
L’amour en s’envolant ne me l’a pas rendu :
Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu.

(Illustration Carrie Vielle) (poésie Marceline Desbordes-Valmore 

Marceline Desbordes-Valmore Femme de lettres et actrice française (1786-1859) Elle fut la première grande poétesse romantique et elle introduisit en France l’usage du vers impair et elle introduisit en France l’usage du vers impair. Poétesse

De 1808 à 1810, elle a une liaison passionnée avec le comédien et homme de lettreHenri de Latouche. En 1816, elle perd le fils qu’elle a eu avec lui, qu’elle nomme Olivier dans ses poèmes. Elle se marie en 1817 avec un acteur, Prosper Lanchantin, dit Valmore, rencontré alors qu’elle jouait à Bruxelles. Elle en aura quatre enfants, dont un seul, Hippolyte Valmore, lui survivra (Junie, Inès décèdent en bas âge et Hyacinthe, dite Ondine, compose des poèmes et des contes avant de mourir à l’âge de 31 ans).

Marceline Desbordes-Valmore publie en 1819 son premier recueil de poèmes, Elégie et Romances , qui attire l’attention et lui ouvre les pages de différents journaux tels que le Journal des dames et des modes, l’Observateur des modes  et la  Muse française . En effet, son mari n’est guère aisé et elle sa popularité a perdu de son aura : c’est ainsi tout d’abord pour un intérêt financier qu’elle se met à écrire. Le couple s’installe à Lyon. Marceline Desbordes-Valmore continue à voir Henri de Latouche, et entretient avec lui une relation épistolaire soutenue. Par la suite, ses ouvrages les plus importants sont les élégies et poésies nouvelles en 1824, les pleurs en 1833 , Pauvres fleurs en 1839 et Bouquets et prières  en 1843. En 1832, elle cesse définitivement son activité au théâtre pour se consacrer à l’écriture. Toutes ses œuvres, dont le lyrisme et la hardiesse de versification sont remarqués, lui valent une pension royale sousLouis-Philippe Ier et plusieurs distinctions académiques. Elle écrit aussi des nouvelles et compose des contes pour enfants, en prose et en vers. En 1833 elle publie un roman autobiographique l’atelier d’un peintre. Elle y met en évidence la difficulté d’être reconnuepleinement comme artiste pour une femme.  

Marceline Desbordes-Valmore décède à Paris, le 23 juillet 1859, en ayant survécu au décès de presque tous ses enfants, de son frère et de maintes amies. Elle habitait néanmoins au 27, rue de Bièvre, à Bourg-la-Reine et est inhumée dans le cimetière de la commune.

La dernière lettre à l’immorale…

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La dernière lettre à l’immorale

L’envoi de la dernière lettre … témoin d’une destructible souffrance, d’un au revoir.

Pour maintenir la tête or de l’eau et revenir à la réalité du présent. Ne plus être dépendante de ses écrits, de ses « je t’aime ».

Cette dernière  lettre a sollicité tant de moi que chaque mot est une sentence pour crier le désarroi dans lequel l’Immoral m’a doucement enfermée en m’exhortant à croire en ses mensonges alors qu’il exigeait de moi tant de sincérité dans notre relation.

J’avez emprunté amoureusement son parcours parce qu’il m’avez convaincue  que j’étais celle qu’il attendait depuis toujours. Et je l’ai cru. Normal il y m’était les formes, toujours si  impeccablement correct que pouvais je donc redoutez de lui ?

A chaque instant disait- il il pensait à moi. Et je lui répondais avec force qu’il en était de même pour moi et j’étais sincère. Ensemble nous aimions aborder milles sujets de société sans jamais qu’il y eut entre nous le moindre désaccord. Cela m’étais agréable de me dire que vraiment nous étions fait l’un pour l’autre.

 Il a commis sa première erreur celle de me raconter une histoire incroyable, et là j’ai senti le vent tourné. Puis, dans ma boite Mail il n’y eu plus aussi souvent qu’au paravent  ses petits mots d’amour. Ces messages étaient ponctuer de petites phrases sans grand intérêt et dès lors j’ai commencé à douter sur la réalité  de ses sentiments.

Il ne se livrait jamais vraiment sur son passé. Cela me semblait normal puisque bien naïvement je pensais qu’il le ferait lorsqu’il y serait prêt. Parfois, il m’arrivait de lui en faire la remarque mais il ne me donna jamais la moindre réponse. Et malgré cela je continuais  de l’aimer. Que me fallait il donc pour admettre que l’Immoral me menait sur des pentes dangereuses ? Qu’avait il de si particulier pour que je puisse pendant tout ce temps croire encore en lui ? J’ai lutté pendant des jours m’interdisant tout sentiment amoureux, et puis j’ai fini par me dire que d’autre avant moi s’était aussi laissé conquérir de façon similaire. C’était bien commode pour me donner bonne conscience ! Et pendant ce temps l’Immoral en profita pour me conter ses balivernes  tout en m’affirmant qu’il n’était rien sans moi. Il insistait me demandant de le croire sur parole et je l’ai cru.

Mais voilà qu’un jour pensant sans doute que j’allais croire à son histoire si improbable qu’immédiatement je mettais  fin à ces agissements en lui signifiant  fermement qu’il n’était plus rien pour moi. (texte transcrit à la demande d’une de mes amies.) ( Roberte colonel) (Toile de Dee Jones)

Il est des mots…

 

Ne jamais oublier d’aimer exagérément : c’est la seule bonne mesure. [Christiane Singer]
Il est des mots dont les baisers
Nous font penser qu’ils ont des lèvres,
Ces mots sont d’amour, ou d’espoir,
D’immense amour, d’espoir sans trêve.
Ces mots sont nus et ils embrassent
Lorsque la nuit perd son visage,
Ces mots sont nus et se refusent
Aux murs de ta déconvenue.
Des mots soudain hauts en couleur
Au milieu d’autres sans saveur,
Des mots épées, inespérés
Tels la poésie ou l’amour.
(Voilà le nom de qui l’on aime
lettre à lettre tout dévoilé
sur un bout de marbre distrait,
ou de papier abandonné.)
Ce sont des mots qui nous transportent
là où la nuit est la plus forte,
Jusqu’au silence des amants
qui s’étreignent contre la mort.  (
Les vers d’Alexandre O’Neill : poème tiré de l’Anthologie de la poésie portuguais peinture Julian Falat
Blog Lali tout simplement.