Ma chère maman…

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Ma chère maman, une année vient de s’écouler et le temps a fait son œuvre. Je n’ai plus de larmes, je suis apaisée et de la où tu reposes je suis certaine que tu dois te dire que ta fille eut bien du courage pour ne jamais renoncer à ses recherches sur des terrains semés d’embûches.

Dans deux jours ce sera la fête des mères. Maman je voudrais te dire les plus doux, les plus jolis mots qui viennent de mon cœur : tu seras toujours ma tendre maman qui a manqué à ma vie. Je n’ai jamais pu me serrer dans tes bras lorsque mes pleurs d’enfant inondaient mes joues, tu n’as jamais pu retenir ma main pour m’empêcher de tomber, pourtant je savais que tu n’étais pas très loin de moi juste quelque part où il m’était interdis de te rejoindre. « Ni le temps, ni les ont dit » ont pu m’empêcher de te retrouver. Parfois, de là ou tu reposes il t’arrive encore de communiquer avec moi, tu es mon ange gardien qui prends soin de moi pour que mon parcours ne soit trop semé de ronces. Je te garde dans mon cœur ma petite maman.

Les arbres aussi versent des larmes …

 

paysageLes arbres aussi versent des larmes

Toute lettre d’amour
n’est pas à déchirer
encore moins à consumer
c’est au vent de lui forger
une destinée

La peau trahit
elle couve les empreintes digitales
des caresses défuntes

Un seul mot
et tout se replacent comme par enchantement
mais le mot demeure creux
faute d’immerger dans l’encre du silence.

Deux êtres se croisent parce qu’ils ne peuvent s’éviter
ce sont les empreintes qui s’interpellent le regard est le prolongement
de la destinée l’illusion d’un instant d’immortalité.

Il suffit d’un tiret d’une marge d’un enjambement des points de suspension
pour que se faufile le grain de sable qui ébranle tout

Il est encore dit dans le village d’où je viens
que les arbres aussi versent des larmes
lorsque perdure l’absence des oiseaux sur leurs branches.

Mais où s’arrête le chant de l’absence sinon à l’aube d’une attente d’une illusion
de recommencement on ne naît pas migrateur.

L’apatride est un cormoran surpris par le coucher du soleil
au-delà des côtes je ne sais sur quelle mappemonde
lire tes frontières je n’ai plus l’habitude des intervalles et des repères

Mes songes ont perdu leur centre de gravité à l’instant de l’épuisement
ce sont les fleuves et les torrents qui irriguent les terres du recueillement
pour étancher la soif des distances

Tant de jours de nuits à survoler les rivages. Des distance les îlots de la mémoire
à s’enliser dans la bourbe de l’attente pour cette terre.

Tant de jours de nuits pour ce visage tranquille d’une aube détournée
par les pérégrinations du soleil avec le temps
les racines s’implantent dans la terre ferme de l’éloignement
le vent efface les pas sur le sable de la réminiscence.

(Alain Mabanckou, Les arbres aussi versent des larmes)Né au Congo-Brazzaville en 1966, Alain Mabanckou enseigne aujourd’hui la littérature francophone à l’université de Californiennes.

L’absent…

2

Dit quand reviendra tu ?

Depuis ce jour maudit où tu es parti me disant ne t’inquiète pas mon absence n’est que pour quelques jours ! Depuis mes jours s’égrènent monotones. Je vis l’âme en peine ne sachant rien de ta vie sinon que tu es retenu prisonnier a cause de je ne sais quelle affreuse énigme. Le doute et la colère parfois me fond craindre le pire pour toi. J’ai la sensation que tu  a traversé les mers pour ne plus jamais revenir. Je redoute le moment où ton dernier message mettra fin à notre histoire. La vie menace, si je tends les bras vers la mer il y à le vide. A quoi me rattacher ? Me reste t-il un espoir pour te voir revenir ?  

Le soleil brille aujourd’hui, pourtant il ne parvient pas à me réchauffer. J’aimerais revivre nos premiers instants, nos premiers échanges de mots tendres. Sous mes paupières je sens les brûlures de mes larmes, je ferme mes yeux et j’appuie mon front sur la grande baie vitrée du salon. C’est terriblement beau sur la terrasse. Les fleurs légères des géraniums frissonnent sous le vent venu de la mer. Au loin ses reflets bleus me donne l’envie de me jeter dans les profondeurs de son eau glacée. J’aurais aimé être prisonnière de tes bras, j’aimerais me promener épaule contre épaule sur la jetée, me retrouver dans la cuisine près de toi. Je ferme a nouveau les yeux et inspire longuement. C’est alors que monte un moi, inattendue, inexplicable cette bouffée exaltante de ton corps sur le mien.

Pour retrouver un peu de calme je rejoins mon bureau allume mon ordinateur. Il ne me faut que quelle que secondes pour ouvrir mon dossier- photos. Tu es là… si présent sur ces photos je pose mes mains sur celle que je préfère. Et commence un long dialogue… Je te parle de mon ressenti, de mes doutes, de nos merveilleux moments passés ensemble, de nos querelles déroutante  et  la joie que nous avions à nous retrouver comme si rien ne s’était passé. Me diras tu un jour ce qui te retiens encore prisonnier si loin de moi ? Dis moi quand reviendras tu ? (Texte Roberte Colonel) Peinture Jim Warren) recherche google.

 

De premier Mai en premier Mai…

 

!cid_F0BE543E-EA0B-476D-A15B-163426F8DEB6 bonheur à vous 
Je vous offre ces quelques clochettes de muguets à vous mes amies qui venait chaque jour  vous poser surs « mes mots douceurs ».
De premier mai en premier mai
Comme si nous étions les feuilles d’un même arbre
Nous sommes rassemblés par le vent étouffant
Misère c’est la nuit et guerre le déluge
Du miroir qu’on nous tend ne reste que le plomb.
 Et ce n’est pas d’hier mais de toujours qu’on ose
Nous promettre au néant nous qui rajeunissons
À chaque bon baiser comme à chaque printemps
Nous qui puisons dans l’avenir notre lumière.
 D’un ciel mal étalé nos maîtres sont marqués
Nous notre force est nue elle est une et première
Toujours et pour demain sur terre nous les hommes
Nous ne connaîtrons que le poids du bonheur.
 Le poids léger et doux des bourgeons et des fruits !
Paul ELUARD

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