bonne fêtes de fin d’année

Le matin des étrennes

Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quel songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux …
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher …
On entrait ! …puis alors les souhaits … en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud (1854-1891)

L’an 2013 est mourant…

arbreruebeaubien

 L’an 2013 est mourant. Dans quelques jours, les sapins naturels seront recyclés, les autres rangés dans leur boîte ainsi que leurs décorations. Chacun aura festoyé à sa manière le jour de Noël.

2014 va bientôt montrer le bout de son nez avec son lot  de vœux, de souhaits sincères,  d’espoirs afin que cette nouvelle année vous soit favorable.

Vous avez dit Carte Bleu ?

Un peu de crédule !  Une petite dose d’humour avant les dernières dépenses  de fin d’année!

Carte Bleu

Tu parles qu’on a tout pour se ruiner
on a même pas besoin de sous
on a le crédule!
Ça le crédule c’est estraordinaire
le crédule il croit que t’as des sous
alors il te fait des avances
il te prête
il te prête surtout de bonnes intentions
il te laisse sa petite carte
et avec ça t’as plus besoin de sous
jamais
C’est la carte de crédule!

Avec ta carte de crédule
tu te ruines tu t’en aperçois même pas.
Avec elle tu peux tout avoir
n’importe où.
Tu entres dans un magasin à rayures
tu commences par le rez-de-chaussette
et tu peux monter jusqu’au dixième étalage
c’est plein de choses…
Avec ta carte tu peux tout avoir.

Extrait du monologue « La carte de crédule », Presque tout Sol

joyeux noël

 

 

Noël  de joie

 À l’heure où les douze coups de minuit sonneront

  je vous souhaite en ce jour Noël de doux instants

qui sauront vous réjouir, faire briller vos yeux et dessiner des souvenirs impérissables.

Un doux jour de Noël à vous tous!

 

A tous les gourmand de chocolat !

 A tous les gourmand de chocolat !

Avant mon départ pour Chamonix, rien de plus agréable en cette période de fête de Noël que vous souhaité un joyeux Noël.

La gourmandise, ce n’est pas manger trop, c’est prendre du plaisir à manger. Alors qu’il n’y a aucune raison de s’interdire le plaisir de manger, de boire, de converser, d’écouter de la musique, de voyager. (Michel Onfray)

Chocolat! Voilà bien un mot qui évoque des extases indescriptibles. Est-il un homme, une femme ou un enfant qui n’en a pas désiré, qui n’en a pas dévoré, et qui l’instant d’après, n’a pas rêvé d’en dévorer encore? [Elaine Gonzales]

Aimez le chocolat à fond, sans complexe ni fausse honte, car rappelez-vous : « sans un grain de folie, il n’est point d’homme raisonnable ». (François, duc de La Rochefoucauld)

Le chocolat est non seulement agréable au goût, c’est également un merveilleux baume pour la bouche. [Stephani Blancardi]

Le chocolat est divin, moelleux, sensuel, profond. Noir, somptueux, gratifiant, puissant, dense, crémeux, séducteur, suggestif, riche, excessif, soyeux, doux, luxueux, céleste… [Elaine Sherman]

Si j’étais directeur d’école, je me débarrasserais du professeur d’histoire et je le remplacerais par un professeur de chocolat; mes élèves étudieraient au moins un sujet qui les concerne tous. [Roald Dahl] (Citations Chez Lalisimplement)

D’autres aliments ne sont que nourriture. Mais le chocolat est chocolat. (Patrick Skene Catling) (Image de Capel-Antonio)

Il est des mots…

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Comme s’il savait déjà tout d’elle, il avait transcrit pour elle des vers, il ne pouvait pas savoir qu’elle serait aussi touchée. – comme lui l’avait été  lorsque ses yeux s’étaient posés sur elle la première fois. (roberte colonel)

Il est des mots…

Il est des mots dont les baisers
Nous font penser qu’ils ont des lèvres,
Ces mots sont d’amour, ou d’espoir,
D’immense amour, d’espoir sans trêve.

Ces mots sont nus et ils embrassent
Lorsque la nuit perd son visage,
Ces mots sont nus et se refusent
Aux murs de ta déconvenue.

Des mots soudain hauts en couleur
Au milieu d’autres sans saveur,
Des mots épées, inespérés
Tels la poésie ou l’amour.

(Voilà le nom de qui l’on aime
lettre à lettre tout dévoilé
sur un bout de marbre distrait,
ou de papier abandonné.)

Ce sont des mots qui nous transportent
là où la nuit est la plus forte,
jusqu’au silence des amants
qui s’étreignent contre la mort.

Vers d’Alexandre O’Neill :

 (Poème tiré de l’Anthologie de la poésie portugaise)

Le secret du bonheur…

Maryse pouvait lire des heures entières tant elle était fascinée par l’histoire que racontait l’écrivaine. Un roman d’amour, d’intrigues … un copié collé tellement prêt de la réalité, qu’elle en ressentait la détresse des personnages.

Le secret du bonheur

Le collier brillait au coup de Claudie. Son regard se posant sur Jacques, le remerciait non seulement du cadeau, mais des nombreuses années de bonheur tranquille dont cette soirée était le symbole. Derrière sa tête, une large baie vitrée découvrait le ciel bleu. Jacques avait apporté du champagne. Il leva son verre, le cœur serré. Elle l’imita. Ils burent ce contemplant de prés, avec une ferveur muette. « Comme je l’aime se disait Jacques ; comme nous sommes bien tous les deux ici ! » de temps à autre, il glissait un coup d’œil inquiet vers la porte.  Claudie remarqua son manége et murmura avec reproche :

« N’y pense pas, Jacques. Sois un peu avec moi. ! »

– Mais je suis avec toi, ma chérie. Simplement, je me dis que si Bernard…

– Et bien tant pis il nous verra ! Ce n’est pas grave !

– Non, ce n’est pas grave. Comment le trouve tu ?

– Plutôt sympathique.

– Jacques fut si étonné, qu’il resta la fourchette en l’air.

– Oui, reprit Claudie, c’est évidemment un homme très content de lui. Exactement le contraire de toi. Mais il ne manque pas d’intérêt.

Nous avons autre chose à faire qu’à parler de lui ! dit-il agacé.

Mais déjà tout changeait, la lumière, la température, le goût des aliments. La joie de Jacques s’éloignait à mesure qu’il essayait de la rejoindre. Il voulait nier ce qui n’était pas Claudie et il en était incapable. N’était il pas étrange qu’il se préoccupât de son propre passé et jamais du passé de sa femme ? Elle avait été mariée une première fois, elle aussi. Elle avait porté un autre nom : « Duval » Un instituteur  frais émoulu de l’Ecole Normal. Il l’avait épousée en 1959et, l’année suivante il décédait. En avait elle beaucoup souffert ? Elle disait que oui. Mais jacques ne pouvait le croire. Il lui semblait que, si elle avait été marquée par son précédent mariage, elle lui en eût parlé plus souvent. Quelle que soit la retenue naturelle d’une femme, ses souvenirs transparaissaient dans sa conversation, dans ses regards. Or, c’était incontestable, plus il vivait avec Claudie, plus il avait l’impression quelle n’avait pas connu d’homme avant lui. Il ne parvenait même pas à l’imaginer jeune fille ? Elle lui avait bien raconté ses années d’enfance, d’adolescence, mais tout cela était irréel comme une histoire tirée d’un livre. Pour lui, elle était née à trente ans, avec un visage délicat et mobile, de grandes réserves de tendresse, l’amour de la lecture et un sens pratique qui la confondait.  R colonel