égnime

 

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Qu’est-ce que la poésie?
Des hiéroglyphes sur une feuille de papier,
Le parfum d’une fleur,
Le murmure enchanteur d’une fontaine solitaire,
Un soir mélancolique,
La douleur familière
D’une plaie qui jamais ne se ferme,
L’ombre omniprésente de la Mort,
Incontournable compagne de tous nos pas,
Les filigranes des vagues sur le sable
Au soleil levant,
La beauté d’un visage
Ou d’un geste
Suspendu dans le temps,
L’absolu d’une note de musique
Envoûtante comme un parfum rare et précieux,
Le souvenir de tout ce qui ne peut se dire
Et que chacun lira différemment.

Danièle Ouanès, Arabesques méditerranéennes

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Et un sourire…

Et un sourire

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours, puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, faim à satisfaire,
Un cœur généreux
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs
Une vie,
La vie
À se partager. 
Paul Éluard, Le Phénix 1951 (

Peinture Waskey-Jason) Poème copier sur le blog 

les lettres d’amour

Les lettres d'amour

Les lettres d’amour

On écrit toujours son amour. Et si aujourd’hui, les textos et les messages électroniques prennent la place des lettres, qu’importe. Le sentiment qui les inspire, lui, demeure…

La lettre tellement attendue, celle que l’on décachette le cœur battant et le rose aux joues, que l’on déplie soigneusement dans la solitude et la crainte d’être dérangée, celle dont on déguste les phrases comme autant de petits « exquis mots » celle que l’on cache pour la relire et la relire  encore, est-elle devenue un objet rare ? Non.

Les lettres d’amour se garde précieusement, dans les boîtes à chaussures et les coffrets à biscuits.

– « Je ne relis pas forcément mes anciennes lettres d’amour, mais j’ai toujours pris soin de les entreposais dans mes tiroirs de table de nuit. Je pense que je ne les jetterai jamais. »

Les lettres d’amour sont écrites pour émouvoir et durer au delà du temps et des modes. Roberte Colonel

« Ô mes lettres d’amour, de vertu, de jeunesse,
C’est donc vous ! Je m’enivre encore à votre ivresse ;
Je vous lis à genoux.
Souffrez que pour un jour je reprenne votre âge !
Laissez-moi me cacher, moi, l’heureux et le sage,
Pour pleurer avec vous ! »

J’avais donc dix-huit ans ! J’étais donc plein de songes !
L’espérance en chantant me berçait de mensonges.
Un astre m’avait lui !
J’étais un dieu pour toi qu’en mon cœur seul je nomme !
J’étais donc cet enfant, hélas ! Devant qui l’homme
Rougit presque aujourd’hui !

Ô temps de rêverie, et de force, et de grâce !
Attendre tous les soirs une robe qui passe !
Baiser un gant jeté !
Vouloir tout de la vie, amour, puissance et gloire !
Etre pur, être fier, être sublime, et croire
À toute pureté !

À présent, j’ai senti, j’ai vu, je sais. – Qu’importe
Si moins d’illusions viennent ouvrir ma porte
Qui gémit en tournant !
Oh ! Que cet âge ardent, qui me semblait si sombre,
À côté du bonheur qui m’abrite à son ombre,
Rayonne maintenant !

Que vous ai-je donc fait, ô mes jeunes années,
Pour m’avoir fui si vite, et vous être éloignées,
Me croyant satisfait ?
Hélas ! pour revenir m’apparaître si belles,
Quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes,
Que vous ai-je donc fait ?

Oh ! Quand ce doux passé, quand cet âge sans tache,
Avec sa robe blanche où notre amour s’attache,
Revient dans nos chemins,
On s’y suspend, et puis que de larmes amères
Sur les lambeaux flétris de vos jeunes chimères
Qui vous restent aux mains !

Oublions ! Oublions ! Quand la jeunesse est morte,
Laissons-nous emporter par le vent qui l’emporte
À l’horizon obscur.
Rien ne reste de nous ; notre œuvre est un problème.
L’homme, fantôme errant, passe sans laisser même
Son ombre sur le mur ! (Victor hugo)