Des souvenirs et des mots…

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Voilà une heure, une heure, au moins, que cherchant des mots, imagés, des mots essentiels, pour commencer une phrase, juste pour le bonheur d’écrire. Je ne savais pas comment j’allais débuter l’histoire, mais l’intuition me viendrait c’était une certitude.

Des souvenirs et des mots qu’on tait, curieux souvenirs qui nous assaillent au détour d’une phrase. Puis les souvenirs. Mots enfuis, mots au fond des souvenirs que je dois débusquer où ils se trouvent. Faire de l’écriture une passion, ma passion. Et voila que les mots s’échappent, remontent des profondeurs. Je dois les attraper, les mettre en phrases avant qu’ils se défilent.           

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– « Un Jour, il y a longtemps, quand elle ne savait pas encore qu’ils cesseraient  de s’aimer elle avait jeté au détour d’une phrase qu’elle ne pourrait aimer aucun un autre homme.

Il s’était mis à rire. Puis il s’était demandé ce qu’il adviendrait alors de leur amour. Une certaine mélancolie, parfois nostalgique, des heures d’enchantements, une tristesse.  Probablement qu’il y aura certains jours en lui, en elle, un besoin de trouver quelque chose qui manquera inéluctablement à sa vie, à la sienne … Elle aimerait dire que ce fut un rêve ineffaçable, un temps irréelle et magique où il n’y à ni remords, ni regrets mais une miraculeuse histoire …. »

( texte Roberte Colonel) Peinture Goedhart- Catherinus-Adriaan

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jolies fleurs de printemps

Rien n’a plus d’impact, rien ne rend la vie plus belle, que de jolies fleurs. Ce matin j’en ai cueillis beaucoup rien que pour vous.

Aujourd’hui est à vous, c’est à vous qu’il a été donné. Tous les hier sont partis et tous les demain sont encore à venir. Employer aujourd’hui de sorte que votre journée soit la plus heureuse possible et ajoutez y ces jolies fleurs de printemps que je vous offre. ( fleurs ramassées  sur le blog Lali tout simplement)

Si fragile…

 

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Si fragile

A toi Cath je  te dédie cette jolie chanson et ces deux fragiles coquelicots . Tu est tout simplement mon amie très chère .

Cette chanson fait suite à notre conversation intime de ce matin.

On ne choisit pas toujours la route
Ni même le moment du départ
On n’efface pas toujours le doute,
La vieille peur d’être en retard
Et la vie est si fragile
On ne choisit jamais de vieillir
On voudrait rêver un peu plus
La vie n’est pas faite pour mourir
On meurt souvent bien entendu
Car la vie est si fragile…

On n’atteint pas toujours le but
Qu’on s’était fixe autrefois
On ne reçoit pas souvent son du
La justice choisit ou elle va
Et la vie est si fragile…

On est seulement ce que l’on peut
On est rarement ce que l’on croit
Et sitôt on se pense un Dieu
Sitôt on reçoit une croix
Et la vie est si fragile…

Car le temps est la
Toujours la
seule justice ici-bas
On est si fragile…

On marche sur l’or ou sur l’argile
Dépend de ce qu’on a reçu
On reste tout aussi fragile
Pourquoi donc se marcher dessus ?
Car la vie est si fragile…

Ce sont des paroles du chansonnier Luc de la Rochelière.
Je penses qu’elle parle beaucoup par elle même, que ses mots sont profondément la vie, belle ou moins belle.

Mémoires des pluies

Combien de fois les pluies de l’aube m’emportèrent
en rêve sur leur chemin lentement et heureuse,
vers le cristal des champs, entre des files de pins,
recherchant les bienfaits d’une lumière étonnante ;

Combien de fois les ai-je vues revenir aux fenêtres
éteintes, parmi les arbres égarés dans les tumultes
purs de leurs ondes, enlacées aux rubans
du souvenir qui peuple ces murs transparents.

Je les entendis, éblouie, frapper sur les lucarnes
avec la suave insistance qui précède les éclairs,
alors que dans le feuillage luisaient les gemmes
liquides où baignent les fleurs et les tiges.

Toujours dans ces rumeurs je perçus l’écho d’un piano
qui séduisait le jardin de ses douces distances,
et découvris dans la façon de ces tissages
une profonde serre, bleu ciel en été,

Les colonnes et les statues asiatiques d’un temple,
des meutes qui dévalaient au pied d’une pente,
un Mercure entre platanes et senteurs extatiques
qui mouraient en désordre dans la nuit.

Je vis dans les trames troubles les déluges antiques
qui enfermaient les arbres, les tours et les hommes,
les villes naissantes et les champs blonds de blé.
dans des tombeaux de boue qui n’avaient pas de noms;

Et dans les trames distinctes, seuls, prédestinés,
les noms préférés tournaient en cercle
jusqu’à trouver en dociles mètres amoureux
les vers remémorés, les vers promis.

poème La nature « enchantée » de Silvina Ocampo

lettre oubliée….

david tanner

Elle ne comprend toujours pas pourquoi cette lettre est restée si longtemps dans les pages de ce livre… Marie avait pris l’habitude d’aller fouiller chez les bouquinistes Parisiens.  Son plaisir était de partir à la recherche d’un livre que des personnes avant elle, avait déjà lu. Dans ces livres d’occasions elle faisait souvent de drôles de découvertes. Des mots soulignés par un lecteur inconnu, des annotations parfois subtiles, où bien méprisantes face aux écrits de l’auteur. Aujourd’hui ce qu’elle allait découvrir était bien différent. A peine avait elle retiré son manteau qu’elle se précipita dans le salon et sorti de son sac le livre nouvellement acheté. Elle en effleura la jaquette c’était une habitude pour déjà s’imprégner de l’histoire. Elle pressentait que ce livre ci « L’Amour au Miroir  de Ludmila Tcherina » allait la combler. Elle découvrit la quatrième de couverture : « Pour la première fois, une grande danseuse -Ludmila Tcherina qui a triomphé sur toutes les scènes internationales, de l’opéra de Paris au Bolchoï de Moscou, raconte les secrets jamais dévoilés de cet univers si mal connu. Elle nous entraîne dans « le milieu de la danse » nous décrit ses passions, ses intrigues, et son infinie cruauté »…..

Comme par magie alors qu’elle s’apprêtait à poser le livre Marie découvrit une enveloppe blanche placée entre la jaquette et le cartonnage du livre. Cette lettre était adressée a mademoiselle « Chloé Brun » suit l’adresse. La curiosité poussa Marie à ouvrir l’enveloppe. Le message avait été écrit il y a très long temps. Avait–il été caché à cet endroit secret puis oublié? Au reçu du courrier Chloé avait elle été émue, combien de larmes avaient t-elle versées? En lisant la lettre Marie pensait aussi au jeune homme qui l’avait écrit. Avait t-il eu une réponse? Marie s’appropriait la lettre et elle en souffrait. Elle l’a lue et la relue à plusieurs reprises et elle se promit de retrouver l’auteur. Pendant quelques jours elle ne pensa à plus rien d’autre. Une douleur sourde étouffait sa poitrine. C’était une blessure profonde qui cependant  avait fini par s’atténuer. Comme elle se l’était promise elle s’employrait a rechercher l’auteur de cette missive. Après plusieurs mois d’infructueuses recherches Marie finit par avoir raison; sa ténacité l’avait emporté. La sonnerie du téléphone sonna et au bout du fil l’auteur de la lettre lui annonçait qu’il aimerait la rencontrer…elle n’en crut pas ses oreilles ! Cependant, rendez – fut pris. Le jour venu, pour lui, plus rien d’autre ne comptait que cette attente dans le restaurant à la petite table d’angle d’où le regard peut se promener et d’où il pouvait la voir arriver. Et maintenant il l’attendait. Elle n’était pas en retard. Il était juste midi et comme il relevait les yeux de sa montre elle fit son entrée au bout de l’allée. Elle paraissait fragile et touchante. Elle ne l’avait pas vu en entrant et il la regardait avec curiosité. Il se leva vint au devant d’elle lui tendit la main, il lui sourit. émus aux larmes, elle ne trouva rien a dire. Une envie idiote, forcenée, se levait en elle. Incapable de réfléchir, elle concentrait toute son attention sur les lèvres qui s’ouvraient à dix  centimètres de son visage.

-Pourquoi êtes vous venus ? dit-elle ?

–Votre voix au téléphone, dit-il. Votre pauvre voix !… Je ne l’oublierai jamais !… Il lui prit la main. Elle le suivit cependant l’expression grave de son visage pouvait laisser voir qu’elle était déjà follement éprise de Charles.

(Texte Roberte colonel)  Peinture David Tanner… Extrait de 4é de couverture de livre (Ludmila Tcherina) L’amour au Miroir roman Albin Michel 1982-1983