Le Printemps

Je vais vous abandonner pour quelques semaines de vacances. Je passerai vous voir sur vos blogs. Je ne veux pas fermer complétement « Le bruit des pages » je risquerai de le regretter amérement.

Avant mon départ je vous offre ce joli poème  de Michel D’Amboise :

Au temps de Ver qu’un chacun prend plaisance
A écouter la musique accordance
Des oisillons qui par champs, à loisir,
A gergonner prennent joie et plaisir
Voyant les fleurs en verdures croissantes,
Arbres vêtus de feuilles verdoyantes,
Prendre Cérès sa robe jà couverte
Totalement de branche ou herbe verte,
Dame Nature aorner les branchettes
De prunes, noix, cerises et pommettes
Et d’autres biens qui servent de pâture
A toute humaine et fragile facture,

Le Dieu Priape, en jardins cultiveur,
Donnait aux fleurs délicate saveur,
Faisait herbette hors des boutons sortir,
Dont mettent peine amoureux s’assortir
Pour présenter à leurs dames frisquettes
Quand en secret sont dedans leurs chambrettes ;
Pan, le cornu, par forêt umbrifère,
Commençait jà ses maisons à refaire
Par froid hiver et gelée démolies,
Et les avait alors tant embellies
Que chose était par leur grande verdure,
Consolative à toute regard dure ;
Les champs étaient verts comme pape gay !
De quoi maint homme était joyeux et gai,
Et bien souvent aucun, par sa gaieté,
Lors d’amourette hantait l’aménité
Faisant rondeaux, chansonnette et ballades,
Dames menaient par jardins et feuillades
Et leur donnaient souvent sur le pré vert
Ou une oeillade ou un baiser couvert
Dont ils étaient résolus comme pape ;
Un autre ôtait son manteau ou sa cape
Pour faire sauts et pour bondir en l’air
A cette fin que de lui fît parler.

En ce temps-là, si propre aux amoureux,

Moi qui étais pensif et douloureux
Et qui n’avais du plaisir une goutte
Non plus que ceux que tourmente la goutte,
Vouloir me prit de ma chambre laisser
Pour un petit aller le temps passer
En un vert bois qui près de moi était,
Le plus souvent où personne n’était,

Afin que pusse un mien deuil étranger,,

Pour un petit m’ébattre et soulager.

En ce vert bois doncques m’acheminai
Et ci et là, seulet, me promenai
Dessous rameaux et branches verdelettes ;
Me promenant, pensais mille chosettes.

Michel d’ AMBOISE Né à Naples en Italie, vers 1502, ce fils naturel de Chaumont d’Amboise, neveu de Catherine d’Amboise se maria, contre le gré de sa famille, le 3 août 1520 par devant Guillaume le Fournier et son adjoint,  notaire-tablellions de la ville de   Saint-Quentin, avec Adrienne de Herdecourt (ou Hardecourt, près de Douai) dont il eut un fils Jean d’Amboise, (Né à Douais en 1522). Catherine d’Amboise qui entretenait avec certains poètes des rapports de mécène, le sera pour son neveu Michel, poète et traducteur qui ayant publié plusieurs recueils, fut un temps à son service.

Mais lasse de ses frasques, elle le chasse. Michel, qui finit par se faire une raison, passe au service d’une nouvelle protectrice : la nièce même de Catherine,  Antoinette  D’Amboise. Après avoir été chassé à nouveau, de chez sa cousine Antoinette, Michel se rendit à Paris où il se fit arrêter pour un crime dont il fut complice. Enfermé au Châtelet une première fois pendant six mois, puis pendant un an, il écrivit ses premiers ouvrages entre  1529 et  1531.

  • Les complaintes de l’esclave fortuné
  • Les bucoliques de Baptiste  Mantua La panthère de l’esclave fortuné où sont contenues plusieurs lettres et fantaisies.
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Écrire

  Si vous étiez mis dans l’impossibilité d’écrire, que feriez vous ? Ecrire est seulement un remède provisoire. L’imagination est une maladie dont on ne guérit jamais. Citation d’Emmanuel Roblés)… Toile de Brownetatel

Emmanuel Robles est né à Oran en Algérie le 4 mai 1914. Son père est décédé avant sa naissance, il a donc grandi entouré de femmes. L’absence du père est une dominante dans son oeuvre. D’une famille ouvrière, il est reçu à l’Ecole Normale d’Alger. Le charme de cette ville le retient et il s’y fixera un peu plus tard. A l’Ecole Normale, il a pour condisciple Mouloud Féraoun.

Il obtient de faire son service militaire à Blida, puis à Alger où il se lie aux jeunes écrivains groupés autour du libraire-éditeur Edmond Charlot qui vient de publier « L’Envers et l’Endroit » d’Albert Camus. Il s’inscrit à la Faculté des Lettres pour préparer une licence d’espagnol tout en collaborant à « l’Alger républicain » dont Albert Camus est rédacteur en chef et qui publiera « la Vallée du paradis ». Ce roman d’Emmanuel Robles (le second après l’Action) parut en feuilleton sous le pseudonyme d’Emmanuel Chênes.

Lorsqu’on écrit…

 

Elle traîne partout un carnet. Pour les images qui surgissent d’un paysage, des gens qu’elle croise, d’une conversation. Il n’est pas de jour sans qu’il en soit ainsi. L’écrivaine peinte par l’artiste canadienne  Caroline Bochud ne sait pas vivre autrement que par les mots, que par les histoires qu’elle invente, que par le regard qu’elle pose sur tout, en permanence. Comme une autre que je connais très bien et qui adhère aux mots de l’écrivain Jean-François Sommain. 
Lorsqu’on écrit, il faut tout imaginer, toujours, mais les coups d’œil qu’on peut jeter sur la vie d’autrui fournissent des clous pour lesquels accrocher les histoires et les personnages qu’on invente. *(Couleurs et textures— Lali )

Les roses de septembre…

Lire un roman qui vous emportent, que vous ne pouvez pas lâcher, que vous essayer de faire durer comme un plaisir  reconduit reste un des grands bonheurs de notre vie de chaque jour. » (Jean D’ormesson)

Si je fais allusion à la dernière page d’un livre c’est que j’ai éprouvé ce sentiment à la lecture du livre:  Les Roses de Septembre de l’écrivain André Maurois.

Dernière page du livre.

« Que diable vous est-il arrivé, Pauline? Vous avez rajeuni. » -C’est encore un miracle de Lolita. Vous ne remarquez rien? Alors je ne vous dirai pas notre secret… Il y a une seule faveur, guillaume, que je voudrais encore vous demander. Croyez-vous que vous pourriez, après tant d’années, cesser de me dire vous? Figurez-vous que c’est une ambition que j’avais toujours nourrie, mais au début, je sentais chez vous une invincible résistance, due, me semble t-il au souvenir de Mimie… Ensuite, je n’ai plus osé pendant vingt ans… Pourtant puisque vous l’aviez fait, dés le premier jour, pour notre belle amie…?

-Mais voyons, Pauline, cela va de soi. A partir de cette minute…

-Vous êtes très bon, dit elle. Il corrigea doucement: « Tu est très bon…Le seul ennui est que les gens vont s’étonner. »

-Les gens, dit -elle, ne remarquent rien. Une jeune femme enceinte, passait avec un soldat qui la tenait par la main. Pauline les regarda longuement. Elle semblait heureuse, apaisée.

« Que j’ai été fou! pensa Guillaume… Mais cette folie nous a peut-être sauvés de la plus triste vieillesse. » Puis il reprit à haute voix:

« Si tu savais… Tout cela est simple… je cherchais seulement… » Leurs regards se rencontrèrent. » Un cygne glissa.

Les saltimbanques

Les Saltimbanques

Dans la plaine les baladins
S’éloignent au long des jardins
Devant l’huis des auberges grises
Par les villages sans églises

Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours, des cerceaux dorés
L’ours et le singe animal sage
Quêtent des sous sur leur passage

Guillaume APOLLINAIRE, Alcools (1913)
© 1920 Éditions Gallimard

Honoré Daumier, ‘Les Saltimbanques’, About 1866-7. Museum no. CAI 120

Copyright Victoria and Albert MuseumHonoré Daumier (1808-79)
‘Les Saltimbanques’

L’ISOLEMENT

 
Comme l’oiseau du soir qu’on n’entend plus gémir,
Auprès des feux éteints que ne puis-je dormir !
Car ce n’est plus pour lui qu’en silence éveillée,
La muse qui me plaint, assise sur des fleurs,
M’attire dans les bois, sous l’humide feuillée,
Et répand sur mes vers des parfums et des pleurs.
Il ne lit plus mes chants, il croit mon âme éteinte.
Jamais son coeur guéri n’a soupçonné ma plainte ;
Il n’a pas deviné ce qu’il m’a fait souffrir.
Qu’importe qu’il l’apprenne ? Il ne peut me guérir.
J’épargne à son orgueil la volupté cruelle
De juger dans mes pleurs l’excès de mon amour.
Que devrais-je à mes cris ? Sa frayeur ? Son retour ?
Sa pitié ?… C’est la mort que je veux avant elle.
Tout est détruit : lui-même, il n’est plus le bonheur ;
Il brisa son image en déchirant mon coeur.
Me rapporterait-il ma douce imprévoyance,
Et le prisme charmant de l’inexpérience ?
L’amour en s’envolant ne me l’a pas rendu :
Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu.
Marceline DESBORDES-VALMORE, Elégies et poésies diverses (1825)

Je suis en panne d’inspiration…

 

Deux secondes, je réfléchis... Panne d'inspiration

Je sais bien que ce n’est pas joli, joli,  de ne faire que du copié, collé ! Que je sois pardonnée car la page blanche ça existe vraiment même chez ceux qui d’ordinaire croient avoir un modeste talent. Ce matin je me suis donc amusée à parcourir quelques blogs du Monde et j’ai trouvé ce texte … il ressemble un peu à ceux que j’aime écrire lorsque l’inspiration ne me fait pas défaut.  

« Elle regarde amoureusement ce papillon de printemps et lui demande, avec douceur, s’il accepterait d’être son amant. Comment résister à une telle invitation quand la jeune femme est aussi belle et odorante que ces lilas en fleurs ?

Le «Lauréat», découvrait la vie . Il ne savait pas que la beauté est éphémère et il devint amoureux d’une femme plus mûre. Doux souvenir d’un temps passé où cette musique m’a enchantée à en user le vinyle qui me l’a fait connaître. Je me souviens avoir pensé, à l’époque, que ce n’est pas si vilain après tout de vieillir. Free cat a confirmé cette idée, hier, en écrivant «moi je trouve que les femmes restent belles de plus en plus longtemps». Soyons de celles qui restent belles en continuant de respirer l’amour de la vie. » (blog/ pensées en images)