Il est bon d’avoir une pensée émue en ce jour de Toussaint pour nos chers disparus

Le Cimetière du Père-Lachaise :

Lieu de mémoires… Comme tout cimetière, celui du Père-Lachaise peut se définir par les relations qu’il établit entre les vivants et les morts. Se rendre au Père-Lachaise, c’est faire un voyage dans un monde étrange et fascinant où l’art et la nature s’unissent pour créer une harmonie qui apaise et invite au recueillement, à la méditation, à la rêverie… La science est impuissante face à la mort. Seuls l’art et les rêves nous offrent une consolation. L’ampleur du cadre du Père-Lachaise, la poésie qui en émane, l’univers d’arbres et de pierres mêlés, les tombes multiformes enchâssées dans la verdure, l’infinie diversité des tombeaux fait que le décor est unique. La poésie prend vie dans les régions les plus mystérieuses du langage, elle a pour mission de suggérer l’indicible… Chaque rêve est nouveau, unique et inconnu. Chaque parcours, chaque promenade (virtuelle) vous transportera d’une tombe à l’autre, au gré de votre sensibilité, dans ce lieu insolite et unique, sans doute le dernier endroit le plus poétique de Paris. (Site cimetière du Père-Lachaise)

En écrivant ce billet je suis attristée car je me souviens d’instants émouvants qui resteront à jamais gravés  dans ma mémoire. J’ai eu l’occasion de me rendre dans ce lieu mythique par ce qu’une merveilleuse amie, « Marie Anne »,  du cimetière Parisien de Thiais  avait mis toute sa force de persuasion auprès de l’administration publique  pour que me soit accordé le droit de faire exhumer maman de la tombe où elle se trouvait. Pour m’éviter de trop souffrir l’on m’avait tenue à l’écart loin de la pierre tombale où reposait maman. Pour la relève seul mon mari y assistait en compagnie des personnels du cimetière.  Bien qu’éloignée j’en suivais le déroulement, j’avais aperçu le si petit cercueil en bois de sapin que l’on avait approché de la tombe béante. A la vue de celui-ci, étonnamment, je n’avais pas pleuré. Ce moment m’avait tellement semblé chimérique, tellement hors du temps, je regardais ce qui m’entourait comme si je cherchais un apaisement dans la contemplation de ce qui se déroulait à quelques dizaines de mètres de moi.

– Était-ce bien Maman que l’on allait installer dans ce petit cercueil de bois ?   Comment feront ils pour la déposer dans le cercueil il est si petit ? Or j’avais appris que Maman de son vivant était très grande ? Non, ce ne pouvait donc pas être Maman… et si le personnel du cimetière avait fait une erreur en se trompant de numéro de sépulture ! 

Ma tête. -oh ! Ma tête ! J’avais si mal. Je n’arrivais plus à maîtriser les petits tremblements de mes mains, de mon corps. À vouloir me convaincre d’arrêter de trembler, mon corps se tétanisait. J’avais beau cherché à me raisonner, mes bras et mes jambes étaient agités de petits mouvements saccadés, je les implorait pour qu’ils arrêtent d’osciller de la sorte ! Je devais impérativement me calmer, me résonner, il était indécent de vouloir récupérer le corps de Maman, alors que j’étais dans cet état. Je serais mes mains l’une dans l’autre, pensant pouvoir réussir à vaincre mon chagrin, mais cette pensée n’était qu’illusoire, car rien n’y faisait ! Ma peine était trop forte. Je jugeais mon comportement parfaitement débile, ma conduite n’était pas digne de l’objectif que je m’étais fixé ! Il me fallut de longues minutes d’égarement avant de prendre réellement conscience que c’était bien les restes mortuaires de Maman qu’allait m’octroyer le personnel du cimetière.

J’avais attendu depuis si longtemps cet instant, qu’à force de lutter contre ma souffrance, j’étais maintenant épuisée. Je me souviens que pendant quelques minutes je n’avais plus su ce que j’étais venue faire dans le cimetière… et, j’avais entrepris de nouveau une conversation avec moi-même…S’agissait-il de venir chercher Maman ? -Oui bien sûr, mais pourquoi ici ? -Parce que c’était sa dernière demeure. Je n’arrivais plus à maîtriser mon émotion ; je ne comprenais plus rien de ce qui m’arrivait. Une douleur terrassa mes mains, mon visage, mon ventre. J’allais mourir ici, à cet endroit, j’avais si mal ! Et puis, que faisait donc mon mari à se tenir ainsi, penché au dessus de ce trou colossal creusé le matin même par les employés? Que faisait-il donc là-bas, au lieu de se trouver près de moi ? Pourquoi n’était-il pas à mes cotés, à m’entourer de ses bras pour me réchauffer ? Je ne raisonnais plus avec discernement ; je n’étais plus dans une logique normale, mais dans un état de choc, égarée, proche de la folie. C’était une de ces situations qui durent un temps insupportable, un de ces moments si douloureux à vivre que ceux à qui une situation similaire n’est pas arrivée auront bien du mal à comprendre. Je n’eus droit que à quelques minutes de recueillement la main posée sur le cercueil avant que la porte du fourgon funèbre se referme, emportant le petit cercueil au funérarium du Père-Lachaise où nous serions conviés deux jours plus tard invités à reprendre les cendres de maman. A avait simplement dit  – « Madame prenez soin de l’urne de votre Maman ». Ce professionnel, habitué de voire tant de situations douloureuses, des familles en deuil, avait compris ce que je ressentais si fort. J’avais obtenu ce que je m’étais fixé pendant des mois, à savoir ramener les cendres de Maman dans le columbarium de ma commune. (Roberte Colonel)

(Extraits de mon manuscrit « Une vie à S’attendre »)

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Auteur : marieliane

Auteur de trois livres « Où es tu maman" livre document éditions Michel de Maule" et Grand Caractère". "Le Sac à dos Éditions Grand Caractère" Passion sur Internet" Avec la participation de Charef Berkani Éditions Ed2A Un roman "Le Sac à Dos" dont l'intrigue se déroule en montagne précisément à chamonix. "Le Sac à Dos" est paru aux éditions Grand Caractère. J'aime les belles ballades en montagne mais aussi dans les sentiers de ma région du Languedoc Roussillon. J'aime l'écriture et l'échange avec mes amies blogueuses.

4 réflexions sur « Il est bon d’avoir une pensée émue en ce jour de Toussaint pour nos chers disparus »

  1. Que c’est beau et touchant ces mots si personnels Roberte !
    Merci du partage ici … oui, en ce jour de Toussaint, ayons une
    pensée pour nos disparus et ils sont si nombreux avec le temps !
    Bise amicale,
    C☼lette 😀

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