Premier sourire du printemps

 

Tandis qu’à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

                             

Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert

Tout en composant des solfèges,
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
Il dit :  » Printemps, tu peux venir !  »

(Théophile Gautier)

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Auteur : marieliane

Auteur de trois livres « Où es tu maman" livre document éditions Michel de Maule" et Grand Caractère". "Le Sac à dos Éditions Grand Caractère" Passion sur Internet" Avec la participation de Charef Berkani Éditions Ed2A Un roman "Le Sac à Dos" dont l'intrigue se déroule en montagne précisément à chamonix. "Le Sac à Dos" est paru aux éditions Grand Caractère. J'aime les belles ballades en montagne mais aussi dans les sentiers de ma région du Languedoc Roussillon. J'aime l'écriture et l'échange avec mes amies blogueuses.

10 réflexions sur « Premier sourire du printemps »

  1. comme j`aime lire ce Téophile Gauthier
    mon grand pere s`appelait comme ca on disait Théo.

    > Un chrétien est un homme qui se repent le dimanche pour ce qu’il a fait le samedi et qu’il refera le lundi.

    bisous de Momoxx

  2. Grand plaisir à lire le poéme que tu as su bien choisir de Th. Gauthier…une belle promesse qu’on attend avec grande impatience !

    Bisous et bon dimanche !

  3. Bonjour Roberte ,
    Au long des Veines , Coule la Sève ,
    En Files Vertes , une Onde est Reine ,
    D’une Belle Saison , ouvrant le Bal ,
    Donnant de l’Hors , au Chant des Chênes ,
    Pou un Printemps , trop Court Certes ,
    La Flore s’ennivre , à l’aube se lève ,
    Goûter Rayons en Matinal ,
    Et dans le Jour faire sa Fête ,
    Parler d’Eté en fin de rêves.
    NéO~

  4. Là tu me gâtes, Roberte, ma mère me le récitait au moins une fois par an à l’arrivée du printemps 🙂
    Maintenant avec ses presque 91 printemps elle ne se rappelle de plus rien et cette poésie ne fait plus partie de l’arrivée des beaux jours.
    Bonne semaine

  5. Mars rit… malgré les averses… de neige aussi…

    Tout est blanc et il en tombe encore aujoud’hui.
    Mais le printemps est dans l’air et le temps se réchauffe de jour en jour.
    *** BON PRINTEMPS ! ***

  6. Coucou ROberte,
    9a c’est valeur sure ! ! !
    Et je ne résiste pas aux couleurs pastel de la première photo !
    Dans mes tiroirs j’ai du Shelley, je cherche …
    Rien que pour toi mon amie ! ! !
    *DoMica*

    « – Le perce-neige et puis la violette se levèrent de terre sous une pluie chaude, et leur souffle se mêlait à la fraîche saveur du sol comme la voix se mêle à l’instrument.
    Alors on vit éclore les liserons bigarrés et la haute tulipe et le narcisse, la plus belle d’entre les fleurs, qui regarde ses yeux dans le miroir du fleuve jusqu’à ce qu’elle meure de sa propre beauté.
    Et la fleur des vallées ( le muguet ) semblable à la naïade si belle de jeunesse, si pâle de passion, fendit de ses clochettes lumineuses et tremblantes ses pavillons vert tendre.
    La jacinthe pourpre, tendre et bleue égrena de ses clochettes une douce sonnerie d’une musique si délicate et si intense qu’on la sentait au-dedans de soi-même comme un parfum.
    La rose, comme une nymphe qui se dépouille pour le bain, découvrit la profondeur de son sein embrasé jusqu’à ce qu’elle eût dévoilé feuille à feuille à l’air voluptueux l’âme de sa beauté et de son amour.
    Et le lys pâle éleva comme une ménade sa coupe couleur de lune, jusqu’à ce que l’étoile de feu qui est son oeil aperçut à travers la claire rosée le tendre azur. »
    Shelley

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